La Syrie retrouve son droit de vote au sein de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques

L’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques a annoncé jeudi restaurer le droit de vote de la Syrie, en raison de « mesures concrètes » prises par Damas depuis la chute de Bachar al-Assad pour démanteler son arsenal chimique.

L’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) a annoncé jeudi restaurer le droit de vote de la Syrie, une décision présentée comme la conséquence de « mesures concrètes » prises par le pays depuis la chute de Bachar al-Assad pour démanteler son arsenal de substances interdites.

Une suspension sans précédent décidée en 2021

En 2021, l’OIAC, qui siège à La Haye, avait pris la décision sans précédent de retirer à Damas son droit de vote, après avoir constaté que son armée de l’air avait utilisé du sarin, un agent neurotoxique, ainsi que du chlore gazeux contre sa propre population.

Cette décision faisait suite à plusieurs années de crise ouverte par l’attaque chimique du 21 août 2013 dans la Ghouta orientale, banlieue de Damas, attribuée au gouvernement syrien — qui avait nié toute implication — et qui avait fait plus de 1.000 morts selon les services de renseignement américains. Les images de victimes inanimées, l’écume aux lèvres, parmi lesquelles de nombreux enfants, avaient alors choqué le monde entier.

À la suite de cette attaque, la Syrie avait rejoint l’OIAC et accepté de révéler et de remettre ses stocks de produits toxiques en vue de leur destruction, sous la pression conjointe de la Russie et des États-Unis. Le gouvernement de Bachar al-Assad n’avait toutefois pas déclaré l’intégralité de son stock d’armes chimiques et avait tenté d’induire les inspecteurs de l’organisation en erreur.

Coopération des nouvelles autorités depuis fin 2024

Depuis la chute du régime Assad fin 2024, les nouvelles autorités de Damas ont promis de coopérer avec l’OIAC pour détruire les armes chimiques que l’ancien président a été accusé à plusieurs reprises d’avoir utilisées pendant les plus de treize années de guerre civile en Syrie. Elles ont notamment autorisé les inspecteurs de l’organisation à établir une présence permanente dans le pays, afin de documenter les sites suspects d’armes chimiques et d’interroger les témoins des attaques passées.

« Le nouveau gouvernement syrien s’est engagé à respecter les obligations de la Syrie au titre de la Convention [sur les armes chimiques] et a depuis pris des mesures concrètes pour coopérer à la réalisation de cet objectif », a estimé l’OIAC dans un communiqué.

« Une nouvelle étape importante », selon le directeur général de l’OIAC

Le directeur général de l’organisation, Fernando Arias, a qualifié cette décision de nouvelle étape importante dans les efforts déployés par l’OIAC pour parvenir à l’élimination complète et vérifiée de toutes les armes chimiques restantes associées à l’ancien gouvernement syrien.

Damas salue une décision qui « reflète la confiance de la communauté internationale »

Le ministère syrien des Affaires étrangères a salué, dans un communiqué publié sur Telegram, l’annonce de l’OIAC, estimant qu’elle reflète la confiance de la communauté internationale dans les réformes entreprises par la Syrie et dans les efforts de ses institutions pour tenir ses engagements. Le ministère a réaffirmé son engagement dans une coopération pleine et transparente avec l’organisation.

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