Macron replonge dans le chaudron libanais, va rencontrer Fairuz

Comme il l’avait promis, Emmanuel Macron retourne la semaine prochaine au Liban pour tenter de débloquer l’impasse politique.

Emmanuel Macron retourne la semaine prochaine au Liban pour tenter de débloquer l’impasse politique qui empêche la formation d’un “gouvernement de mission” capable de relever le pays après l’explosion dévastatrice de début août.

Le président français est attendu lundi soir à Beyrouth pour une visite qui s’annonce extrêmement dense et potentiellement tendue.

“Il ne lâchera pas”, a affirmé vendredi l’Élysée en rappelant l’engagement de soutenir le Liban qu’avait pris Emmanuel Macron le 6 août lors de sa visite éclair à Beyrouth, deux jours après l’explosion au port d’une énorme quantité de nitrate d’ammonium, qui a fait environ 180 morts.

Le chef de l’État retournera mardi matin dans les quartiers ravagés, où il fera le point sur les opérations de déblaiement et la distribution de l’aide. Il rencontrera des ONG et les agences de l’ONU mais aussi une partie des 400 militaires français déployés ces dernières semaines pour aider à débarquer les quelque 1.000 tonnes d’aide médicale, alimentaire ou de reconstruction acheminées depuis la France.

La visite aura aussi une dimension symbolique des relations historiques franco-libanaises : Emmanuel Macron plantera un cèdre avec des enfants libanais dans la forêt de Jaj, au nord-est de Beyrouth, où prospère l’arbre emblématique du pays. Cette “cérémonie simple” célébrera le centenaire de la création de l’État du Grand Liban le 1er septembre 1920 par le général français Henri Gouraud. Pour l’occasion, la Patrouille de France, la patrouille acrobatique de l’Armée de l’air française, colorera le ciel avec les couleurs du drapeau libanais.

Macron chez Fairuz

Le président rencontrera également lundi soir une icône libanaise : la diva Fairouz qui, à 85 ans, est considérée comme la plus grande chanteuse arabe vivante depuis la disparition d’Oum Kalsoum.

Mais Emmanuel Macron est surtout attendu sur sa capacité à débloquer l’inextricable crise politique, près de trois semaines après la démission du gouvernement de Hassan Diab.

“Le but de sa visite est clair : faire pression pour que les conditions soient réunies pour la formation d’un gouvernement de mission capable de mener la reconstruction et des réformes”, explique-t-on à Paris. Avec, en contrepartie, l’assurance que la communauté internationale soutiendra le Liban, exsangue financièrement.

Pour cela, Emmanuel Macron aura trois séquences de discussion avec les responsables politiques : le lundi soir à la résidence des Pins, celle de l’ambassadeur de France à Beyrouth, le mardi lors d’un déjeuner au palais présidentiel puis le soir lors d’un tour de table avec les représentants des neuf forces politiques.

Tout en restant très prudent, l’Élysée “a bon espoir” de faire avancer les discussions après l’annonce vendredi de la tenue lundi des consultations parlementaires qui doivent décider du nom du futur chef du gouvernement.

Jusqu’à présent, aucun consensus n’a émergé en raison des profondes divergences entre les forces politiques traditionnelles.

 

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