Erdogan affirme la volonté de la Turquie de signer un accord de coopération énergétique avec l’Irak
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a reçu mardi à Ankara le Premier ministre irakien Ali Al Zaidi, affirmant la volonté de la Turquie de conclure un accord de coopération énergétique avec l’Irak, dans un contexte de renouvellement de l’accord sur l’oléoduc Kirkouk-Ceyhan.
Une visite consacrée à l’énergie, l’eau et la sécurité
Le Premier ministre irakien Ali Al Zaidi s’est rendu mardi en Turquie, à la tête d’une délégation gouvernementale, pour rencontrer le président Recep Tayyip Erdogan et plusieurs ministres turcs. Selon le bureau du chef du gouvernement irakien, les discussions doivent porter sur « les domaines de l’économie, de l’eau, de la sécurité et de l’investissement », ainsi que sur « les questions d’intérêt commun liées à la région ». La visite vise également à examiner les mécanismes de mise en œuvre des accords bilatéraux et des mémorandums d’entente déjà signés, ainsi qu’à assurer le suivi des projets d’infrastructures conjoints.
Un nouvel accord sur l’oléoduc Kirkouk-Ceyhan
Le dossier énergétique devrait dominer les échanges. La Turquie reste le principal débouché de l’Irak vers les marchés mondiaux, via l’oléoduc reliant Kirkouk à Ceyhan, sur près de 970 kilomètres. Les deux pays doivent signer un accord d’une durée de douze mois pour permettre la poursuite du transit du pétrole irakien via cette infrastructure, alors que l’accord précédent, en vigueur depuis les années 1970, arrive à expiration à la fin du mois. Cette question a pris une urgence supplémentaire dans un contexte où Bagdad cherche à diversifier ses routes d’exportation, à l’écart du détroit d’Ormuz.
Le corridor de la Route du développement au menu
Les deux parties doivent également examiner l’avancement du projet de la « Route du développement », un corridor de transport et d’énergie estimé à 17 milliards de dollars, censé relier le port irakien d’Al-Faw, sur le golfe Arabo-Persique, à la Turquie par voie ferrée et routière. Bagdad y voit un moyen de se positionner comme plateforme de transit entre l’Asie et l’Europe, tandis qu’Ankara y voit une route commerciale alternative, à l’écart des points de passage maritimes sensibles.
Les dossiers de l’eau et de la sécurité
Le partage des eaux du Tigre et de l’Euphrate, dont les débits sont affectés par les barrages turcs, doit également être abordé, l’Irak cherchant à obtenir un cadre plus contraignant avant la saison sèche. Sur le plan sécuritaire, les deux pays partagent un intérêt commun dans la lutte contre le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui conserve des bases dans le nord de l’Irak. Le commerce bilatéral entre les deux pays a dépassé les 20 milliards de dollars en 2024, les entreprises turques de construction figurant parmi les plus importants contractants étrangers en Irak.
