Incendies en Gironde : cinquième nuit de crise, Macron réunit une cellule interministérielle
Les pompiers luttent depuis cinq nuits contre un incendie de grande ampleur en Gironde, qui a détruit 42 000 hectares et poussé 220 000 personnes à évacuer, sans toutefois menacer directement la ville de Bordeaux.
Une cinquième nuit de lutte contre les flammes
La France fait face, pour la cinquième nuit consécutive, à un épisode d’incendies d’ampleur exceptionnelle concentré en Gironde, avec des foyers secondaires dans les Landes. Le feu, déclenché le 22 juillet près de Saumos, a détruit environ 42 000 hectares depuis mercredi. Le service départemental d’incendie et de secours de la Gironde (Sdis 33) observe lundi matin « moins » de foyers actifs, une tendance confirmée par la cartographie satellite NASA Fire, qui montre un net recul du nombre d’incendies actifs. Les pompiers précisent toutefois qu’ils ne sont « toujours pas maîtres du feu ».
Un bilan humain et matériel lourd
Plus de 2 500 sapeurs-pompiers sont engagés sur le terrain, appuyés par plus de 2 700 gendarmes, policiers et militaires. Depuis le début de l’épisode, environ 220 000 personnes ont été évacuées par voie terrestre et maritime, entre la presqu’île du Cap Ferret au nord et Lanton à l’est. 42 pompiers ont été blessés. Ces incendies sont désormais considérés comme les plus dévastateurs depuis plus de 50 ans, sans dépasser ceux de 1949, qui avaient parcouru 52 000 hectares et fait 82 morts.
Bordeaux en état de vigilance
La ville de Bordeaux n’est pas directement touchée par les flammes, mais le feu s’en approche : selon le maire Thomas Cazenave, il se situait dimanche à 25-30 kilomètres de la ville et à 15 kilomètres de la métropole bordelaise. Il affirme que la ville « se prépare à toutes les éventualités ». La préfète de la Gironde, Sophie Brocas, a annoncé lundi matin la suspension des activités des colonies de vacances dans le département. Bordeaux Métropole a ouvert le Parc des Expositions, d’une capacité de 10 000 places, pour l’accueil des personnes évacuées, avec l’appui de la Croix-Rouge et de la réserve citoyenne métropolitaine.
Perturbations routières, ferroviaires et sanitaires
L’autoroute A63 est fermée dans les deux sens entre Bordeaux et Bayonne depuis dimanche soir ; son gestionnaire Vinci recommande une déviation par l’A64, l’A65 et l’A62. La SNCF invite les voyageurs à reporter jusqu’au vendredi 31 juillet leurs déplacements vers les zones concernées, avec possibilité d’échange et d’annulation sans frais. Sur le plan sanitaire, l’observatoire Atmo Nouvelle-Aquitaine signale une qualité de l’air « extrêmement mauvaise » en Gironde et dans les Landes ce lundi, un épisode de pollution aux particules fines qui touche également la Dordogne et le Lot-et-Garonne.
La réponse de l’État
Emmanuel Macron a présidé lundi à 10h une cellule interministérielle de crise au ministère de l’Intérieur, consacrée à la situation. Aucune déclaration officielle d’état d’urgence n’a été rapportée pour la ville de Bordeaux à ce stade : la réponse s’articule autour d’une mobilisation de crise et de mesures préventives — évacuations, fermetures de routes, dispositifs d’accueil — plutôt que d’un régime d’urgence légal formel.
