Colombie : le sortant Petro affirme que le président élu De La Espriella « obéit directement » à Washington
À deux semaines de quitter le pouvoir, le président colombien sortant Gustavo Petro accuse le président élu Abelardo de la Espriella d' »obéir directement » au gouvernement américain.
Une accusation lancée lors d’une cérémonie symbolique
Le président de Colombie, Gustavo Petro, a affirmé vendredi que le président élu Abelardo de la Espriella « obéit directement » au gouvernement des États-Unis. La déclaration a été faite lors d’une cérémonie au cours de laquelle Gustavo Petro a restitué au musée Quinta de Bolívar l’épée du Libertador Simón Bolívar, l’un des symboles ayant accompagné son investiture présidentielle en 2022.
« Il obéit directement au département d’État américain »
« De la Espriella, qui possède également la nationalité américaine, obéit directement au département d’État des États-Unis », a affirmé le président Petro, en référence à l’organisme dirigé par le secrétaire d’État Marco Rubio. Ces déclarations interviennent dans un contexte de tensions marquant la relation entre le président Petro et le président américain Donald Trump.
Une transmission du pouvoir prévue le 7 août
Gustavo Petro, premier dirigeant de gauche à gouverner la Colombie, doit transmettre le pouvoir le 7 août à Abelardo de la Espriella, avocat d’ultra droite qui avait reçu le soutien du président américain Donald Trump pour battre le candidat du camp au pouvoir lors du second tour, le 21 juin. La Colombie et les États-Unis, deux alliés historiques, traversent des tensions diplomatiques inédites depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche pour son second mandat, marquée par des désaccords répétés avec Gustavo Petro.
« Il n’y aura plus d’indépendance nationale »
Gustavo Petro a également affirmé que « les cinq républiques de Simón Bolívar sont en train de perdre leur indépendance pour redevenir une vice-royauté », estimant que ce constat était renforcé par la nationalité américaine du président élu. « Il n’y aura plus d’indépendance nationale à partir du 7 août », a déclaré le chef de l’État colombien.
Une élection remportée de justesse en juin
Abelardo de la Espriella, avocat pénaliste âgé de 47 ans surnommé « El Tigre », avait remporté l’élection présidentielle du 21 juin avec 49,66% des voix, contre 48,70% pour son adversaire de gauche Iván Cepeda, une différence d’environ 250.000 votes. Il devient ainsi le premier président colombien élu, dans le système actuel à deux tours, avec moins de 50% des suffrages.
