Tunisie : coupures récurrentes d’électricité et d’eau sur fond de crise financière de la STEG
La Tunisie multiplie les coupures d’électricité et d’eau cet été, tandis que le Maroc et l’Algérie s’appuient sur des stratégies énergétiques différentes pour sécuriser leur approvisionnement.
Des coupures tournantes depuis la mi-juillet
La demande en électricité dépasse les capacités de production disponibles de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) depuis le 12 juillet 2026. La consommation a augmenté de 30% avec la canicule, atteignant 5.000 mégawatts aux heures de pointe. Face à ce déséquilibre, la STEG a recours à des coupures tournantes programmées dans plusieurs régions du pays, afin d’éviter un black-out généralisé du réseau national.
Une dette de 7,3 milliards de dinars
Lors de son audition devant l’Assemblée des représentants du peuple en juin 2026, la STEG a indiqué que son endettement dépassait 7,3 milliards de dinars, tandis que les arriérés de paiement qui lui sont dus dépassaient 6 milliards de dinars. Cette situation financière résulte notamment du coût élevé des importations de gaz naturel, de tarifs qui ne couvrent pas toujours les coûts réels de production, ainsi que de retards de paiement accumulés par certaines administrations et entreprises publiques.
Une production reposant à plus de 90% sur le gaz
La Tunisie produit son électricité à plus de 90% à partir de gaz naturel, dont une partie est importée. Les énergies renouvelables représentent environ 6% de la production nationale. Une partie de l’électricité consommée en Tunisie provient par ailleurs d’importations depuis l’Algérie, via une interconnexion existante entre les deux réseaux.
Une interconnexion avec l’Italie encore en projet
Un projet d’interconnexion électrique entre la Tunisie et l’Italie, appelé Elmed, est actuellement en développement, mais n’est pas encore opérationnel.
Le Maroc importe entre 800 et 1.000 MW d’Espagne
Le Maroc bénéficie depuis plusieurs années d’une interconnexion électrique avec l’Espagne, qui lui permet d’importer régulièrement entre 800 et 1.000 mégawatts d’électricité en moyenne, sur une capacité d’échange totale de 1,4 gigawatt, afin de sécuriser son approvisionnement national.
L’Algérie mise sur ses propres capacités de production
L’Algérie, premier marché de l’électricité au Maghreb, dispose d’une puissance installée de plus de 26.000 mégawatts, avec une production couvrant l’ensemble de sa consommation nationale. Sonelgaz, l’opérateur public, prévoit un pic de consommation de 21.360 mégawatts pour l’été 2026, pouvant atteindre 22.150 mégawatts en cas de températures exceptionnelles, et a annoncé la mise en service de plus de 1.850 mégawatts de capacités supplémentaires pour y faire face. Une panne survenue en juillet 2026 sur le réseau algérien, à Sidi Okba, a toutefois réduit temporairement les volumes d’électricité exportés vers la Tunisie.
