La ministre française de la Transition écologique, Monique Barbut, sera reçue par le Premier ministre Sébastien Lecornu à Matignon, ce mardi aux alentours de 12h, pour discuter de sa démission, suite à l’adoption, lundi 20 juillet, de la loi agricole par l’Assemblée nationale.
Monique Barbut s’est opposée à plusieurs dispositions du texte, notamment à l’autorisation sous dérogation de certains pesticides, ce qui a suscité des tensions au sein du gouvernement.
Ce vote signifie le retour de l’acétamipride et du Flupyradifurone. Ces deux pesticides pourront être réintroduits par dérogation.
De son côté, Sébastien Lecornu a appelé à ne pas « instrumentaliser à des fins politiciennes » la loi d’urgence agricole votée lundi soir.
Il a souligné que cette loi provoque de profondes divergences, y compris au sein de son propre camp, en particulier autour de la question de la réintroduction de certains pesticides.
L’Assemblée nationale française a adopté ce projet de loi dit « d’urgence agricole » pour la protection et la souveraineté du secteur.
Ce texte, adopté après un long débat, est destiné, selon ses promoteurs, à répondre aux attentes du monde agricole en facilitant notamment le stockage de l’eau, en assouplissant les règles encadrant l’usage de certains pesticides et en renforçant les dispositifs de protection des élevages contre les attaques de loups.
Fruit d’un compromis entre députés et sénateurs en commission mixte paritaire, le texte doit encore être soumis à un vote définitif du Sénat avant son entrée en vigueur.
Parmi les principales mesures, le projet de loi fixe l’objectif de doubler les capacités de stockage de l’eau destinées à l’irrigation agricole, en simplifiant les procédures de création de retenues d’eau et en accordant davantage de marges de manœuvre aux préfets pour autoriser certains projets.
Le texte prévoit également la réintroduction, sous conditions et à titre dérogatoire, de deux substances phytosanitaires interdites en France, l’acétamipride et le flupyradifurone, pour certaines cultures ne disposant pas d’alternatives jugées efficaces.
Il assouplit en outre les conditions de protection des troupeaux face aux attaques de loups, afin de permettre aux éleveurs d’intervenir plus rapidement, tout en simplifiant plusieurs procédures administratives relatives à l’installation, à la modernisation et au développement des exploitations agricoles.
Le gouvernement français présente cette réforme comme un levier pour renforcer la souveraineté alimentaire de la France et améliorer la compétitivité de son agriculture dans un contexte de fortes tensions économiques et climatiques.
Le projet de loi fait toutefois l’objet de vives critiques de la part des groupes de gauche et des organisations de défense de l’environnement, qui estiment que certaines dispositions, notamment celles relatives aux pesticides et à la gestion de l’eau, constituent un recul des garanties environnementales.
Ces mesures figurent parmi les plus débattues du texte, qui intervient après plusieurs mois de mobilisation des agriculteurs réclamant un allègement des contraintes réglementaires et un renforcement du soutien aux exploitations.
