Le chancelier allemand Merz somme le Maroc de « reprendre immédiatement » les migrants irréguliers
Le chancelier allemand Friedrich Merz a exigé vendredi que le Maroc « reprenne immédiatement les migrants en situation irrégulière » ayant franchi la frontière vers la ville occupée de Sebta, une déclaration intervenue alors que les opérations de retour étaient déjà largement engagées.
La déclaration du chancelier allemand
Le chancelier allemand Friedrich Merz a déclaré vendredi attendre du Maroc qu’il « reprenne immédiatement les migrants en situation irrégulière », après l’afflux de dizaines de milliers de personnes vers la ville occupée de Sebta. « L’Espagne veut et doit reprendre la situation à Sebta en main le plus rapidement possible. Je salue donc l’intention de l’Espagne de ne pas laisser les migrants en situation irrégulière accéder au continent européen », a-t-il déclaré dans un communiqué, ajoutant : « La protection des frontières extérieures de l’UE est déterminante pour la lutte contre la migration illégale. J’ai l’attente claire vis-à-vis de tous les États membres qu’ils s’acquittent de ce devoir. »
Une exigence formulée sur fond de politique intérieure allemande
Depuis son arrivée au pouvoir en 2025, Friedrich Merz a promis une ligne dure contre l’immigration irrégulière, un sujet largement exploité par le parti d’extrême droite AfD, devenu la première force d’opposition allemande. Berlin réclame par ailleurs l’application immédiate et complète du règlement européen sur les retours de migrants déboutés du droit d’asile, approuvé en juin par le Parlement européen, qui inclut la possibilité pour les États membres de conclure des accords pour installer des centres de rétention hors des frontières de l’UE.
Une opération de retour déjà engagée avec Rabat
Cette déclaration intervient toutefois alors que le processus de retour vers le Maroc était déjà largement amorcé : selon le ministère espagnol de l’Intérieur, plus de 48 000 des quelque 60 000 personnes entrées à Sebta avaient déjà regagné le territoire marocain vendredi en fin de journée. Le président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, avait lui-même salué plus tôt dans la journée « la volonté de coopération » des autorités marocaines en matière de rapatriements, évoquant un échange constant avec Rabat pour coordonner les opérations sur le terrain. Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, avait de son côté assuré que l’intégrité de l’espace Schengen restait « absolument garantie » grâce à cette coopération.
