L’Argentine interdira l’entrée à tout étranger tenant des « messages de haine » contre le pays

Le gouvernement argentin de Javier Milei a publié un décret permettant d’interdire l’entrée ou d’expulser tout étranger ayant tenu des « messages de haine » contre le peuple ou les symboles nationaux argentins.

Un décret d’urgence modifiant la loi sur l’immigration
Le président argentin Javier Milei a signé un décret de nécessité et d’urgence (DNU), publié au Journal officiel, modifiant la loi sur les migrations pour permettre d’interdire l’entrée sur le territoire ou d’expulser tout étranger ayant « dirigé ou incité des messages de haine, de discrimination et/ou de violence » contre le peuple argentin ou des citoyens argentins en raison de leur nationalité. La mesure s’applique également à toute personne ayant participé à des actes d’outrage envers les symboles nationaux du pays. Le texte précise que les expressions de désaccord idéologique et les critiques politiques, académiques ou citoyennes protégées par la Constitution ne pourront pas être visées par ces dispositions.

Une réponse à une « campagne anti-argentine »
Le gouvernement présente cette mesure comme une réponse à de « récentes manifestations d’hostilité contre la République argentine et les Argentins ». « La défense de la Nation, de ses citoyens et de ses symboles n’est pas négociable. Quiconque attaque la République argentine n’est pas le bienvenu dans notre pays », a déclaré Javier Milei dans un communiqué. La mesure intervient quelques jours après que plusieurs célébrités étrangères ont publié des critiques contre la sélection argentine et le pays, à la suite de la finale de la Coupe du monde 2026, remportée par l’Espagne. Le gouvernement a qualifié cette vague de messages de campagne « anti-argentine », et Javier Milei a accusé les gouvernements du Brésil et du Mexique, ainsi que le Parti démocrate américain, d’y être associés.

Des précédents partiels dans d’autres pays
Si un dispositif d’une portée aussi large ciblant spécifiquement les « messages de haine » contre un pays et ses symboles reste rare, d’autres États ont recouru à l’immigration pour sanctionner certains discours. Aux États-Unis, l’administration Trump a annoncé en 2025 une politique de refus de visa visant des étrangers jugés responsables de la censure de la « liberté d’expression américaine », qui a conduit au refus de visa de cinq Européens, dont d’anciens responsables d’organisations de lutte contre la désinformation en ligne. Aux Philippines, le Bureau de l’immigration applique depuis 2001 une politique interdisant l’entrée aux étrangers jugés « arrogants » ou tenant des propos offensants envers les autorités du pays. Ces dispositifs demeurent toutefois plus restreints dans leur champ d’application que le décret argentin.

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