Lancement en Tunisie d’un projet d’intensification de l’agriculture irriguée d’une valeur de 140 millions de dollars

La Tunisie vient de lancer un projet d’intensification de l’agriculture irriguée avec un coût de 149 millions de dollars, dont 140 millions USD assurés par la Banque mondiale.

"L’agriculture irriguée constitue un choix stratégique et un objectif constant de la politique agricole tunisienne depuis l’indépendance", a souligné le ministre de tunisien de l’Agriculture et des Ressources Hydrauliques, Samir Taieb, à l’occasion du lancement du projet.

D’après lui, "la superficie irriguée est passée de 50 mille hectares dans les années soixante à 435 mille hectares actuellement comprenant d’importantes infrastructures et équipements réalisées avec des investissements de l’ordre de 3.500 millions de dinars" (1 euro = 3,14 dinars).

Il a fait savoir que ce secteur a bénéficié de la priorité dans les Plans de développement économique et social du pays vu qu’il accapare une moyenne de 37% des investissements dans le secteur agricole.

Le ministre a ajouté que les périmètres irrigués ne représentent que 8% de la surface agricole utilisée, mais ils contribuent à concurrence de 37% de la valeur de la production nationale agricole, participent à hauteur de 20 % des exportations agricoles et sécurisent la production, surtout pendant les périodes de sécheresse.

"La fiabilité de l’irrigation sera synonyme de confiance chez les agriculteurs, qui seront ainsi incités à augmenter leurs plantations et à investir dans des cultures à plus forte valeur ajoutée", a-t-il indiqué.

Ce projet a également pour objectifs d’aider les agriculteurs à identifier des cultures plus rentables, à augmenter les rendements et à faciliter leur accès aux marchés", selon la Banque Mondiale.

Il comprendra des formations et des activités de renforcement des capacités destinées aux catégories de population vulnérables, comme les femmes et les jeunes, afin qu’elles disposent des compétences nécessaires pour exploiter les opportunités nouvelles dans l’agriculture.

Dédié à soutenir les efforts de développement de l’agriculture irriguée entrepris par la Tunisie, ce projet cible les régions de Béja, Bizerte, Jendouba, Nabeul, Sfax et Siliana.

Il vise à améliorer la gestion de ressources en eau limitées et de créer des opportunités économiques, en particulier dans les zones sous-développées, selon toujours la BM.

Les activités du projet seront axés, ainsi, sur la remise en état des systèmes d’irrigation afin d’accroître leur fiabilité et leur efficacité, "conditions nécessaires au développement d’un secteur agricole plus productif, générant des revenus plus élevés et créateur d’opportunités pour divers types d’entreprises et diverses catégories de la population, dont les femmes et les jeunes".

Le projet, qui sera exécuté par le ministère tunisien de l’agriculture en coopération, à l’échelle locale, avec les Commissariats régionaux du développement agricole (CRDA), prévoit, à cet effet, la création d’une nouvelle entité pour la gestion de l’irrigation et l’amélioration de l’efficacité des systèmes d’irrigation et la remise en état des infrastructures.

Il prévoit de même un programme de subventions de contrepartie grâce auxquelles les agriculteurs locaux investiront dans des activités à plus forte valeur ajoutée.

Dans le cadre de ce projet, des subventions encourageront également les investissements dans des infrastructures qui peuvent permettre d’accroître la valeur de la production après la récolte, comme la logistique frigorifique pour l’exportation de fruits et de légumes frais, ou les installations de conditionnement d’huile d’olive pour éviter de l’exporter en vrac.

En Tunisie, les cultures irriguées, qui couvrent une superficie de 435,9 millions d’hectares, assurent 35% de la production agricole nationale, selon les données de l’Agence tunisienne de promotion de l’investissement agricole (APIA).

En effet, le secteur agricole accapare 80% du total des ressources en eau consommée en Tunisie.

Pour rationaliser cette consommation de l’eau dans un pays déjà menacé par le stress hydrique, les systèmes d’irrigation dans les régions agricoles des gouvernorats ciblées devraient être restaurés.

Les pertes causées par la vétusté de ces systèmes sont estimées à 40 % de l’eau utilisée.

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