Saïdia, Fès et Agadir : le Maroc multiplie les passerelles vers le tourisme international à l’ITB Berlin
À l’occasion du soixantième anniversaire du Salon international du tourisme de Berlin (ITB 2026), le Maroc a choisi de mettre à l’honneur trois régions emblématiques de sa carte touristique, une démarche qui reflète la volonté d’élargir les points d’ancrage de la destination sur les marchés internationaux.
Si Marrakech domine le tourisme africain, que Casablanca s’affirme comme un hub pour le tourisme d’affaires et que Dakhla s’est imposée comme une capitale mondiale du kitesurf, la stratégie touristique du Maroc vise désormais à connecter davantage de villes aux flux du tourisme international, en valorisant pour chacune ce qu’elle a de mieux à offrir.
Cette orientation s’inscrit dans l’évolution de la stratégie de promotion du Royaume, qui cherche à accroître la visibilité de ses destinations régionales et à multiplier leurs connexions avec le tourisme mondial, dans une logique de sites touristiques multiples au service d’une même destination : le Maroc.
À l’ITB Berlin, Agadir reste l’une des destinations historiques du tourisme allemand en Afrique. Cette station balnéaire a enregistré en 2025 quelque 74.360 arrivées de touristes allemands, à l’origine de 421.640 nuitées, plaçant ce marché en troisième position parmi les clientèles internationales, derrière le Royaume-Uni et la France, selon le Conseil régional du tourisme (CRT) d’Agadir Souss-Massa, .
“Agadir a toujours été la première destination marocaine pour les touristes allemands”, rappelle la directrice du CRT-Agadir, Lamiae Nafaa, dans une déclaration à la MAP, soulignant l’ancrage historique du marché allemand dans l’économie touristique de la région.
La participation régulière de la destination à l’ITB Berlin vise ainsi à consolider ce positionnement tout en accompagnant l’évolution de l’offre touristique, notamment à travers la valorisation de l’arrière-pays et la diversification des expériences proposées aux visiteurs.
Selon Mme Nafaa, cette dynamique s’inscrit dans un contexte de reprise du marché, soutenue par le développement de nouvelles liaisons aériennes directes avec l’Allemagne, qui s’accompagne d’une progression des arrivées et de l’émergence d’une clientèle plus jeune en quête de nouvelles expériences.
Alors qu’Agadir s’est imposée comme l’une des destinations phares du tourisme marocain, la présence de la région de l’Oriental à Berlin traduit la volonté du Maroc de promouvoir de nouveaux pôles encore peu visibles sur les marchés internationaux.
Pour Ali Zaki, directeur de la stratégie et du développement de la société Marchica Med, la participation à l’ITB constitue une opportunité pour mettre en lumière les atouts d’une région qui garde encore bien des secrets pour les touristes nationaux comme internationaux.
Les promoteurs de la région ont mis en avant à l’ITB une stratégie de promotion articulée autour de deux projets structurants : la lagune de Marchica à Nador et la station balnéaire de Saïdia, deux destinations conçues pour fonctionner de manière complémentaire.
Dans un contexte où certaines stations touristiques marocaines ont atteint un niveau de maturité élevé, la région entend capitaliser sur l’intérêt croissant des opérateurs pour de nouvelles destinations.
La participation de la région Fès-Meknès s’inscrit, quant à elle, dans une logique de valorisation du patrimoine historique et culturel du Royaume.
“C’est une première pour la région Fès-Meknès d’être mise à l’honneur à l’ITB de Berlin, qui est le premier salon touristique au monde”, s’est félicité Ahmed Sentissi, président du CRT de Fès-Meknès.
“La région Fès-Meknès est l’une des destinations les plus riches du Maroc, que ce soit en termes de culture ou de nature”, a-t-il affirmé, évoquant le prestigieux cachet impérial de Fès et de Meknès ainsi que la diversité des activités de plein air proposées dans la région.
Cette présence s’inscrit dans la stratégie de repositionnement de la destination à travers la nouvelle opération promotionnelle “Shining Fès”, visant à renforcer l’attractivité touristique de la région sur certains marchés internationaux encore sous-exploités.
À ce titre, M. Sentissi a souligné que le marché allemand, l’un des plus importants émetteurs au monde, ne constitue aujourd’hui que la cinquième nationalité des touristes à Fès, un potentiel que la région entend davantage valoriser.
Au-delà de la promotion de ces trois régions, la participation marocaine à l’ITB Berlin s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer les flux touristiques vers le Maroc, alors que l’Allemagne, premier émetteur de touristes européens, reste l’un des marchés prioritaires sans pour autant être l’unique cible de cette démarche.
Selon les données présentées à l’occasion de l’ITB par l’Office national marocain du tourisme (ONMT), l’Allemagne est désormais le septième marché émetteur du Royaume, avec plus de 930.000 touristes ayant visité le Maroc en 2025, soit une hausse de 11% par rapport à l’année précédente.
Dans cette dynamique, les 140 professionnels marocains présentés à l’ITB ont multiplié les rencontres pour développer de nouveaux partenariats sur le marché allemand et sur d’autres marchés européens et internationaux, et de consolider les partenariats existants.
Une attention particulière a également été accordée au renforcement de l’aérien, considéré comme un levier central pour accompagner la croissance du secteur, à travers plusieurs accords conclus avec des compagnies aériennes, dont Condor, Eurowings et Discover Airlines, visant à augmenter les capacités et à connecter davantage de villes marocaines aux grands hubs internationaux.
Pour accompagner cet élan, la compagnie nationale Royal Air Maroc a annoncé le renforcement de sa programmation vers l’Allemagne, dans le cadre d’un vaste programme d’expansion pour 2026 couvrant l’Europe, l’Afrique et l’Amérique, avec de nouvelles liaisons reliant Nador à Francfort et Düsseldorf, en complément de la ligne Casablanca-Munich récemment lancée.
Autre nouveauté de l’édition 2026 de l’ITB Berlin, le Maroc a érigé un pavillon de 1.000 m2, l’un des plus grands du salon, au cœur de l’espace méditerranéen, aux côtés notamment de l’Espagne, en cohérence avec l’ouverture du Royaume sur son environnement méditerranéen et l’ancrage régional de ses stratégies de développement.
Un choix qui reflète l’évolution des ambitions du Royaume, qui, après s’être imposé comme la première destination touristique du continent africain, entend désormais affirmer sa place parmi les grandes destinations du bassin méditerranéen.
