Israël suspend l’examen à la Knesset du projet de reconnaissance du génocide arménien
Le gouvernement israélien a suspendu l’examen à la Knesset du projet de loi visant à reconnaître le génocide arménien, après d’importantes pressions diplomatiques, notamment de la part de l’Azerbaïdjan, tandis que l’Arménie avait dénoncé une instrumentalisation politique de la question contre la Turquie.
Le gouvernement israélien a suspendu l’examen du projet de loi visant à faire reconnaître le génocide arménien par la Knesset, le Parlement israélien, après avoir subi d’importantes pressions diplomatiques, en particulier de la part de l’Azerbaïdjan.
Un vote gouvernemental unanime fin juin
Réuni le 28 juin 2026, le gouvernement israélien avait approuvé à l’unanimité, sur proposition du ministre des Affaires étrangères Gideon Sa’ar, la reconnaissance officielle du génocide des Arméniens perpétré par l’Empire ottoman en 1915. « Il n’est jamais trop tard pour faire ce qui est juste », avait déclaré Gideon Sa’ar à l’issue de ce vote, qualifiant plus tôt cette reconnaissance de « devoir moral et historique ». Cette résolution devait encore être soumise à un vote en séance plénière de la Knesset pour devenir la position officielle de l’État d’Israël.
Des pressions immédiates de Bakou
L’annonce a suscité une réaction rapide de l’Azerbaïdjan, allié stratégique majeur d’Israël dans la région, notamment en matière de coopération militaire, énergétique et de renseignement. Bakou a exhorté Israël à ne pas politiser la question et à aborder les événements de 1915 sous un angle strictement historique, exprimant l’espoir que l’initiative ne soit pas soumise au vote de la Knesset et avertissant qu’une telle reconnaissance nuirait aux relations bilatérales. L’ambassadeur d’Azerbaïdjan en Israël avait quitté le pays après l’annonce du ministre Gideon Sa’ar, sans que les autorités ne précisent officiellement les raisons de ce départ.
Les dirigeants des trois principales communautés juives d’Azerbaïdjan avaient également adressé une lettre aux députés de la Knesset les appelant à ne pas soutenir la reconnaissance, estimant que les questions historiques devaient relever du travail des historiens plutôt que de décisions politiques, et qu’une telle démarche risquerait de compliquer les efforts de paix en cours entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan dans le Caucase du Sud.
L’Arménie dénonce une instrumentalisation
Du côté arménien, l’accueil de l’initiative israélienne est resté réservé. Le Premier ministre arménien n’a pas salué la décision du gouvernement israélien, réaffirmant que l’Arménie était opposée à toute instrumentalisation de la question du génocide arménien à des fins politiques contre la Turquie.
Une initiative suspendue avant d’atteindre le Parlement
Selon plusieurs sources, l’initiative a finalement été mise de côté avant d’être soumise au vote de la Knesset, à la suite des protestations du ministère azerbaïdjanais des Affaires étrangères et d’autres responsables du pays. Cette position azerbaïdjanaise avait par ailleurs trouvé un écho parmi certains analystes et commentateurs politiques israéliens, qui plaidaient contre un affaiblissement de la relation stratégique entre Israël et l’Azerbaïdjan.
Un dossier récurrent, régulièrement bloqué
La question de la reconnaissance du génocide arménien revient devant les institutions israéliennes tous les deux ou trois ans depuis une vingtaine d’années, généralement portée par des parlementaires de l’opposition. Plusieurs tentatives avaient déjà été bloquées par le passé, notamment en 2018, faute de soutien suffisant au sein de la coalition au pouvoir. À ce jour, 32 États membres de l’ONU reconnaissent officiellement le génocide arménien, parmi lesquels les États-Unis, le Canada, la France et l’Allemagne.

