F-35 : la Turquie envoie des « signaux positifs » sur le dossier S-400, selon Mike Turner

Le représentant américain Mike Turner affirme que la Turquie envoie des signaux positifs indiquant sa volonté de résoudre le dossier des systèmes russes S-400, un préalable à son retour dans le programme F-35.

Des « signaux positifs » venus d’Ankara

Le représentant américain Mike Turner affirme que la Turquie envoie des signaux positifs montrant qu’elle est prête à satisfaire les conditions nécessaires pour que les systèmes S-400 ne fassent plus obstacle à son retour dans le programme F-35. Il explique que les discussions avec les responsables turcs sont encourageantes, sans pouvoir en révéler le contenu.

Un soutien partagé par plusieurs sénateurs

Selon lui et plusieurs sénateurs, dont Jeanne Shaheen, si la Turquie remplit ces conditions, il est important de la réintégrer au programme F-35. Mme Shaheen, l’une des autrices originelles de la législation encadrant les sanctions contre la Turquie et principale démocrate de la commission des Affaires étrangères du Sénat, s’est toutefois montrée plus prudente, estimant que les élus avaient encore « des questions à poser » sur les modalités envisagées.

Un retour lié au démantèlement des S-400

La Turquie avait été exclue du programme F-35 en 2019 après avoir fait l’acquisition des systèmes de défense antiaérienne russes S-400, jugés incompatibles avec la sécurité des technologies embarquées sur l’avion furtif américain. La loi américaine, à travers le CAATSA et une disposition du budget de la défense (NDAA) de 2020, interdit toute vente de F-35 à la Turquie tant que les autorités américaines n’ont pas certifié que le pays ne possède plus ces systèmes russes.

Plusieurs sources évoquent des discussions engagées par Ankara avec Moscou en vue de transférer les S-400 vers un pays tiers, notamment le Qatar ou les Émirats arabes unis, une option qui permettrait de répondre aux exigences légales américaines sans nécessiter la destruction complète des équipements.

Un allié important de l’Otan

Mike Turner souligne également que la Turquie est un allié important de l’Otan et rappelle qu’elle produisait auparavant des pièces du F-35. Son retour dans le programme et dans la chaîne de production serait, selon lui, très bénéfique pour les États-Unis et le programme F-35.

Une réintégration qui suscite des réserves au Congrès

Cette perspective, évoquée par Donald Trump lors du sommet de l’Otan à Ankara début juillet, suscite toutefois des réserves parmi plusieurs élus américains. Le sénateur John Cornyn a exprimé publiquement son opposition à une levée des sanctions sans garantie sur le démantèlement des S-400. Un groupe bipartisan de représentants a également adressé une lettre à la Maison-Blanche pour exprimer sa « profonde préoccupation » face à toute vente de F-35 à la Turquie, évoquant notamment la rhétorique jugée hostile d’Ankara envers Israël.

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