Sénégal : Primes impayées, médecin contesté, la crise s’aggrave
Blessé au genou pendant le Mondial, le gardien sénégalais Edouard Mendy a payé ses frais médicaux de sa poche, la FSF n’ayant souscrit aucune assurance pour ses joueurs pendant la compétition.
Mendy a payé ses soins de sa poche
Blessé au genou gauche lors du match contre la Norvège, le gardien sénégalais Edouard Mendy a dû assumer lui-même ses frais médicaux pendant le Mondial 2026, la Fédération sénégalaise de football (FSF) n’ayant souscrit aucune assurance pour ses joueurs durant la compétition. Cette information vient allonger la liste des dysfonctionnements imputés à la fédération durant cette campagne américaine.
Des IRM jamais remboursées, des kinés impayés
L’encadrement médical des Lions avait été renforcé avant la CAN 2025 avec l’arrivée d’un médecin français et de plusieurs kinésithérapeutes. Cette réorganisation a rapidement tourné au fiasco : absence de contrat pour le médecin, frais médicaux jamais remboursés, notamment les IRM, primes impayées pour les kinésithérapeutes. Certains membres du staff ont même financé leur propre retour du Mondial.
Une accumulation de révélations sur la gestion de la FSF
Au-delà du volet médical, plusieurs autres dysfonctionnements ont été pointés ces dernières semaines : primes des joueurs non versées malgré les recettes engrangées après la CAN et la qualification pour le Mondial, conditions d’hébergement jugées indignes à New York, absence de cuisinier obligeant certains joueurs à commander leurs repas, ou encore un circuit opaque de revente de billets. Des membres de la fédération ont par ailleurs fait venir leurs proches aux États-Unis aux frais de l’institution.
Koulibaly hausse le ton après la conférence de presse de la FSF
Le capitaine des Lions, Kalidou Koulibaly, est sorti de son silence au lendemain d’une conférence de presse du président de la FSF, Abdoulaye Fall, marquée par de nombreuses révélations sur les tensions internes à l’instance. Sans citer nommément de responsable, le défenseur d’Al-Hilal a publié une story Instagram au ton particulièrement ferme : « Sommes-nous réellement obligés de nous ridiculiser ainsi sur la scène mondiale ? Arrêtons ces guerres d’ego qui ne font que diviser. Ne gâchons pas des années de travail, de sacrifices et de progrès. » Il a ajouté : « Les fautifs sont nombreux. À chacun de prendre ses responsabilités, avec lucidité et humilité. » Quelques jours plus tôt, le capitaine sénégalais avait également démenti les rumeurs selon lesquelles il aurait pesé sur les choix sportifs du sélectionneur, notamment au sujet de la convocation du défenseur Malang Sarr.
Une équipe qui a fini par se disperser
Ces tensions logistiques et organisationnelles ont provoqué un mouvement de départ inédit au sein de la délégation, plusieurs joueurs ayant quitté le camp par leurs propres moyens face à l’incapacité de la FSF à affréter un vol dans les délais annoncés.
Le ministère ordonne à la FSF de cesser toute communication
Ce n’est là que l’un des nombreux soucis auxquels la FSF est aujourd’hui confrontée. Le 14 juillet, le ministère de la Jeunesse et des Sports a ordonné à la fédération de cesser immédiatement toutes les interventions, déclarations et sorties médiatiques relatives à la participation du Sénégal au Mondial 2026. Cette décision fait suite à une succession de prises de parole publiques de responsables fédéraux, notamment sur les raisons du limogeage du sélectionneur Pape Thiaw, jugées préjudiciables à l’image du pays.
Le ministère affirme que cette mesure vise à « mettre fin aux polémiques stériles qui nuisent gravement à l’image et à la réputation » du Sénégal à l’échelle internationale. Les autorités annoncent la tenue d’un bilan « complet et rigoureux » de la participation des Lions de la Teranga, tout en appelant l’ensemble des acteurs au calme et au respect des institutions.
