Les États-Unis lancent une offensive diplomatique contre la Cour pénale internationale

Les États-Unis ont annoncé lundi le lancement d’une offensive diplomatique majeure contre la Cour pénale internationale (CPI), accusée par Washington de représenter une menace pour les intérêts américains. Le secrétaire d’État Marco Rubio promet de nouvelles sanctions et appelle les pays parties au Statut de Rome à se retirer de la juridiction, basée à La Haye.

Une offensive annoncée par Marco Rubio

Les États-Unis ont annoncé lundi le lancement d’une offensive diplomatique majeure contre la Cour pénale internationale (CPI), leur bête noire basée à La Haye, accusée de « mener la guerre » contre Washington. Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a présenté cette campagne à travers un message vidéo sur X, une tribune dans le Wall Street Journal et un communiqué officiel du département d’État.

« À l’heure où nous parlons, la CPI et ses alliés mènent une guerre contre notre pays, non pas à coups de balles ou de missiles, mais à coups de statuts, de traités et de la force de ce qu’on appelle le +droit international+ », a déclaré Marco Rubio. « Si nous restons les bras croisés, nous serons tous à la merci de juges étrangers situés à des milliers de kilomètres de là, exposés au risque constant d’être poursuivis, voire emprisonnés, pour le soi-disant crime d’avoir défendu notre propre pays », a-t-il ajouté.

Sanctions, interdictions de voyage et pression sur les alliés

Le département d’État a indiqué examiner un large éventail de mesures, parmi lesquelles des interdictions de voyage, des révocations de visas, un renforcement des sanctions à l’encontre de la CPI et des organisations qui lui sont affiliées, ainsi qu’une intensification des démarches diplomatiques auprès de leurs partenaires. Washington souhaite convaincre les pays ayant ratifié le Statut de Rome de quitter la CPI et de suspendre leur soutien financier à la Cour, tout en encourageant les États non membres à adopter une position similaire.

Une plainte de trois juges à l’origine de l’escalade

Cette offensive intervient après une plainte déposée en juin devant la justice américaine par trois juges de la CPI, qui contestent les sanctions imposées par l’administration Trump à leur encontre. Les magistrates Kimberly Prost (Canada), Solomy Balungi Bossa (Ouganda) et Reine Adélaïde Sophie Alapini-Gansou (Bénin) estiment que ces mesures sont contraires au droit international et visent à exercer une pression sur leur activité judiciaire. Leur plainte vise notamment le président Donald Trump, Marco Rubio ainsi que le secrétaire au Trésor Scott Bessent.

Des tensions nourries par les mandats d’arrêt contre Netanyahu

Les relations entre l’administration Trump et la CPI sont tendues de longue date. Plusieurs magistrats de la Cour, dont le procureur général, font déjà l’objet de sanctions américaines qui leur interdisent d’entrer aux États-Unis et bloquent toute transaction immobilière ou financière avec eux dans la première économie mondiale. Ces sanctions constituent en grande partie une réponse aux enquêtes menées par la CPI à l’encontre d’Israël, allié des États-Unis, la Cour ayant émis en 2024 des mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.

Donald Trump avait signé en février 2025 un décret présidentiel autorisant des sanctions contre la CPI, en réaction à ces mandats d’arrêt visant des dirigeants israéliens dans le cadre de l’enquête sur la situation en Palestine.

Une juridiction que Washington n’a jamais reconnue

Créée en 2002, la Cour pénale internationale est chargée de poursuivre les auteurs présumés de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité, de génocide et de crimes d’agression. Les États-Unis, Israël et la Russie ne sont pas parties au Statut de Rome, le traité fondateur de la juridiction. Washington a toujours refusé de reconnaître l’autorité de cette institution, qu’il juge politisée, une position partagée par plusieurs administrations américaines successives, républicaines comme démocrates.

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