Arrestation de l’ancien directeur de l’Autorité maritime du Panama
La police panaméenne a interpellé Noriel Araúz, ancien directeur de l’Autorité maritime du Panama, dans le cadre d’une enquête pour enrichissement injustifié portant sur 1,3 million de dollars. Les autorités policières ne mentionnent pas de lien avec l’annulation récente d’une concession portuaire accordée à un conglomérat hongkongais sous son mandat, une décision à l’origine d’un différend diplomatique avec la Chine.
Noriel Araúz, à la tête de l’Autorité maritime du Panama (AMP) entre 2019 et 2024, a été arrêté mercredi à l’aéroport international de Tocumen, dans l’agglomération de Panama City, alors qu’il rentrait du Paraguay. Selon le communiqué de la police panaméenne, il fait l’objet d’une enquête menée par le parquet anticorruption pour des faits présumés d’atteinte à la fonction publique, qualifiés d’enrichissement injustifié. Le préjudice patrimonial est évalué à 1,3 million de dollars.
Les autorités n’ont pas établi de lien officiel entre ces accusations et la gestion des concessions portuaires du canal de Panama sous la direction de Noriel Araúz. En 2021, l’AMP avait prolongé le contrat d’exploitation de deux ports situés aux extrémités du canal au groupe hongkongais CK Hutchison, via sa filiale Panama Ports Company (PPC). En janvier, la justice panaméenne a annulé cette concession, qualifiant le contrat d’inconstitutionnel pour violation de plusieurs lois.
À la suite de cette annulation, le gouvernement a repris les infrastructures. L’exploitation du terminal de Balboa, côté Pacifique, a été confiée à APM Terminals, filiale du groupe danois Maersk. Le terminal de Cristóbal, côté Atlantique, est désormais géré par Terminal Investment Limited (TiL), filiale du groupe italo-suisse MSC.
Ce dossier a provoqué des tensions diplomatiques. La Chine a engagé une procédure devant la justice internationale. Le gouvernement du président panaméen José Raúl Mulino indique que les contrôles sur les navires panaméens ont été renforcés dans les ports chinois et accuse Pékin de pressions pour tenter d’influencer la Cour suprême de justice. L’exécutif panaméen affirme ne pas être intervenu dans la décision judiciaire.
De son côté, Pékin accuse le Panama de non-respect des accords commerciaux et d’avoir cédé aux pressions du président américain Donald Trump. Ce dernier affirme que la Chine a pour objectif de contrôler cette voie commerciale reliant l’Atlantique et le Pacifique.

