Les voix féminines du monde ont été à l’honneur vendredi soir, à l’occasion d’une soirée artistique exceptionnelle organisée dans le cadre de la 29e édition du Festival de Fès des Musiques Sacrées du Monde.
Réunissant des artistes issues de traditions musicales et culturelles diverses, cet événement a offert au public un voyage sonore célébrant la richesse de la création féminine et le dialogue entre les peuples.
Le public a chaleureusement accueilli des prestations féminines remarquables, allant de la musique classique aux créations contemporaines. Les spectateurs ont ainsi suivi les performances de la chanteuse libanaise Ghada Shbeir, de l’artiste marocaine Nabila Maan, du groupe allemand « Bodies » dirigé par l’Australienne Kat Frankie, du groupe « Ahwach Issafen » venu du Haut Atlas, ainsi que de l’artiste indienne Kaushiki Chakraborty.
La soirée s’est ouverte avec une prestation de Ghada Shbeir, qui a interprété une sélection de chants syriaques anciens remontant aux IIIème et IVème siècles, ainsi que des hymnes inspirés des traditions syriaques maronite, orthodoxe et catholique, contribuant à la préservation et à la valorisation de ce riche patrimoine.
Le groupe « Bodies » a ensuite offert une expérience vocale fondée sur l’harmonie de huit voix féminines, mêlant répertoire traditionnel et musique contemporaine, avant de fusionner sur scène avec les rythmes et les danses du groupe « Ahwach Issafen » dans un moment artistique empreint de vitalité.
De son côté, Nabila Maan a séduit l’assistance par une prestation vocale raffinée accompagnée d’un quatuor à cordes. Elle a interprété plusieurs poèmes andalous qui ont suscité un vif enthousiasme du public.
La soirée s’est achevée avec la prestation de l’artiste indienne Kaushiki Chakraborty, qui a transporté les spectateurs à travers des pièces du répertoire classique indien « Khayal ».
À cette occasion, Nabila Maan a exprimé, dans une déclaration à la MAP, sa joie de participer à cette 29e édition du festival, soulignant que cette apparition revêt une signification particulière dans son parcours artistique, étant originaire de Fès, ville qui accueille cet événement culturel majeur depuis sa création.
Elle a ajouté que sa participation à cette soirée dédiée aux voix féminines confère une dimension particulière à sa présence, d’autant plus qu’elle partage la scène avec des artistes venues de divers horizons, dans une célébration de la diversité culturelle et de la richesse des expériences musicales féminines.
L’artiste a également indiqué que son spectacle constitue un nouveau projet artistique se distinguant de ses précédentes créations, reposant uniquement sur sa voix accompagnée d’un quatuor à cordes, sans percussions ni autres instruments.
Préparé spécialement pour cette édition, ce projet revêt une importance particulière puisqu’il est présenté pour la première fois devant le public du festival.
Pour sa part, Ghada Shbeir a souligné, dans une déclaration similaire, avoir été « impressionnée » par la culture et la sensibilité artistique du public fassi, reconnu pour son écoute attentive et son ouverture aux nouvelles expressions musicales ainsi qu’au patrimoine universel, comme en témoigne l’accueil chaleureux réservé à ce répertoire.
Elle a précisé que cette œuvre artistique et spirituelle est le fruit de longues années de recherche et d’études approfondies consacrées aux origines du chant syriaque et à sa renaissance.
Cette soirée artistique a été organisée en partenariat avec l’Ambassade d’Allemagne à Rabat sous le thème « La richesse des expressions féminines de l’Orient et de l’Occident », dans le cadre de la célébration du 70e anniversaire de l’établissement des relations maroco-allemandes.
Placée sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, la 29e édition du Festival de Fès des Musiques Sacrées du Monde propose, durant quatre jours, un programme riche dédié aux musiques sacrées, alliant spiritualité, art et émotion. Quelque 160 artistes venus des quatre coins du monde y présentent 18 spectacles.
