Sebta face à une nouvelle vague migratoire, plus de 1 500 arrivées en une semaine
La ville occupée de Sebta traverse une urgence humanitaire après l’arrivée à la nage de plus de 1 500 migrants en une semaine, un afflux qui sature les capacités d’accueil de l’enclave.
Une situation d’urgence humanitaire à Sebta
La ville occupée de Sebta, sur la côte nord du Maroc, connaît une vague migratoire d’une ampleur inédite depuis 2021. Plus de 1 500 personnes ont rallié l’enclave à la nage depuis le Maroc au cours de la semaine écoulée, a alerté jeudi le dirigeant du territoire, Juan Jesus Vivas. Il évoque une « situation d’urgence humanitaire et sociale absolue », précisant que les structures destinées aux mineurs non accompagnés fonctionnaient à 240% de leur capacité. Selon lui, les arrivées s’élèvent actuellement à environ 300 personnes par jour en moyenne, un rythme qui pourrait rapprocher la situation de la crise migratoire de mai 2021, lorsque 10 000 personnes étaient entrées dans l’enclave en quelques jours seulement.
Un centre d’accueil largement dépassé
Le Centre de séjour temporaire pour immigrés (CETI) de Sebta, d’une capacité de 512 places, est totalement saturé. Selon des estimations établies à partir de sources policières, plus de 400 personnes attendaient jeudi de pouvoir y accéder, tandis que d’autres sources évoquent près de 700 personnes déjà hébergées et plus de 500 en attente aux portes de l’établissement. Plusieurs centaines de migrants ont par ailleurs échappé aux contrôles de la Guardia Civil au poste-frontière avant de se disperser dans les rues de la ville, selon des médias locaux.
Un bilan humain lourd
Le nombre de décès enregistrés sur cette route migratoire depuis le début de l’année atteint au moins 27, dont plusieurs victimes retrouvées noyées au large de Sebta ces derniers jours, selon les autorités espagnoles. La vague de traversées à la nage suscite une vive émotion au Maroc, où de nombreux réseaux sociaux relaient des avis de recherche et des messages de familles sans nouvelles de leurs proches, notamment de mineurs.
Une décision judiciaire à l’origine de la recrudescence
Cette hausse des tentatives de passage est attribuée par plusieurs sources sécuritaires à une décision du Tribunal suprême espagnol, rendue le 8 juillet 2026, selon laquelle les refoulements immédiats en mer ne peuvent être appliqués aux personnes arrivant à la nage, cette procédure restant limitée aux franchissements des barrières terrestres. Un délégué syndical de la Guardia Civil à Sebta avait averti début juillet que cette décision risquait d’entraîner une hausse de la pression migratoire ainsi que de nouveaux décès dans les eaux de la ville.
