Les musulmans français célèbrent la fin du ramadan dans de rares mosquées ouvertes

“Ça nous a manqué !”: malgré l’appel des autorités musulmanes de France à rester “chez soi”, des fidèles ont prié dans les quelques mosquées ouvertes en France dimanche, jour de l’Aïd el-Fitr.

Plus de 2 000 musulmans ont participé à une prière de l’Aïd-el Fitr au sein du complexe sportif Louison-Bobet, à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine).

Les cérémonies religieuses sont de nouveau autorisées depuis la veille, mais certains lieux de culte sont trop exigus pour respecter les gestes barrières, les fidèles pouvaient donc ici être placés par 35 bénévoles à un mètre de distance les uns des autres.

 

“Beaucoup de musulmans sont venus pour faire la prière, ça fait plaisir”, se félicite Omar, 15 ans, tapis de prière sous le bras et masque chirurgical sur le visage, à la sortie de la Grande mosquée de Pantin, en région parisienne.

En ce dimanche matin, environ 800 croyants, répartis en deux cérémonies pour réguler l’affluence, ont assisté à la prière et au prêche, dont environ la moitié à l’intérieur de la mosquée, estime-t-il.

Les cérémonies religieuses ont pu reprendre en France, après une décision de justice ordonnant le 18 mai au gouvernement de lever l’interdiction “générale et absolue” de réunion dans les lieux de culte, instaurée pour limiter la propagation du nouveau coronavirus. Dès samedi, des messes ont ainsi eu lieu dans le pays.

 

“Faut pas rester attroupés devant la mosquée”, rappelle, à un groupe de jeunes, un des membres de la sécurité du site, chasuble orange sur le dos.

Outre la distanciation physique, un sens de circulation a été défini, du gel hydroalcoolique et des masques mis à disposition, conformément aux consignes données samedi aux gestionnaires des lieux de culte par le gouvernement, à quelques heures de l’une des deux dates les plus solennelles du calendrier musulman.

Après deux mois de fermeture, les réouvertures de mosquées restaient cependant minoritaires, vu les délais.

A Ozoir-la-Ferrière, à une trentaine de km à l’Est de Paris, la mosquée avait convié les fidèles dans un stade de 7.000 m2 en plein air. Initiative similaire à Levallois-Perret, dans la proche banlieue parisienne, où 2.000 personnes se sont réunies sur les terrains d’un complexe sportif, selon la radio France Bleu.

Le Conseil français du culte musulman – l’instance représentative de l’islam auprès des pouvoirs publics français – avait appelé les croyants “à ne pas célébrer dans les mosquées la prière de l’Aïd el-Fitr”, préconisant de “l’accomplir chez soi et en famille”.

Mais pour de nombreux fidèles, l’occasion de tourner la page de ce mois de ramadan confiné était trop belle. “Pendant ce mois-là c’est le côté convivial qui a été bloqué (…) quand les voisins s’invitent, la famille”, explique Nazim, devant la mosqué de Mantes-la-Ville, à 50 km de Paris.

Quelque 300 fidèles ont été autorisés à assister au prêche de l’imam, dans une mosquée qui peut accueillir 1.200 personnes habituellement.

Moussa, qui asperge les mains des fidèles d’eau savonneuse avant leur entrée dans la mosquée, dit s’être adapté aux circonstances particulières de ce ramadan, que “la crise sanitaire a même facilité”.

“On avait cette souplesse de se réveiller tôt pour faire la prière et ensuite de se rendormir un peu, alors que d’habitude, il faut aller travailler, être dans les transports”, confie-t-il.

 

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