L’Algérie rompt ses relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis
Le ministère algérien des Affaires étrangères a annoncé jeudi la rupture des relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis, une décision qui s’inscrit dans une série de ruptures ou de crises diplomatiques touchant l’Algérie depuis 2021.
L’annonce de la rupture
Le ministère algérien des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines a annoncé, jeudi 10 septembre, la rupture des relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis. Le communiqué, diffusé via l’agence de presse APS, évoque « la multiplication des agissements provocateurs ou hostiles de la part des Émirats Arabes Unis », précisant qu’Alger avait fait preuve de « retenue » avant d’estimer avoir « épuisé toutes les voies permettant de préserver les relations bilatérales ». L’ambassadeur émirati a été reçu jeudi au siège du ministère, où la décision lui a été formellement notifiée.
Des tensions anciennes autour du rôle régional d’Abou Dhabi
Les relations entre Alger et Abou Dhabi se dégradaient depuis plusieurs années. Le président algérien Abdelmadjid Tebboune accusait régulièrement les Émirats arabes unis de mener une action déstabilisatrice dans la région, déclarant lors d’une interview télévisée que « là où ils mettent le pied, le sang coule » et qualifiant le pays d’« État minuscule » à l’« impact très négatif ». Alger reprochait notamment à Abou Dhabi sa coopération militaire croissante avec les autorités de transition au Mali, ainsi que son rôle dans d’autres zones de conflit de la région, dont la Libye et le Soudan.
Une cinquième rupture ou crise diplomatique majeure depuis 2021
Cette rupture s’inscrit dans une séquence de tensions diplomatiques répétées pour Alger. En août 2021, l’Algérie avait rompu ses relations diplomatiques avec le Maroc. En mars 2022, elle avait suspendu le traité d’amitié la liant à l’Espagne après le soutien de Madrid au plan d’autonomie marocain pour le Sahara — une normalisation n’étant intervenue qu’en juillet 2026. Avec le Niger, la rupture faisait suite au coup d’État de 2023, avant un retour de l’ambassadeur algérien en février 2026. Avec le Mali, la crise, ouverte en 2023, s’était aggravée en avril 2025 après qu’un drone de l’armée malienne eut été abattu par l’armée algérienne près de la frontière commune, entraînant le rappel réciproque d’ambassadeurs entre Alger et les pays de l’Alliance des États du Sahel (Mali, Niger, Burkina Faso).
