L’Italie suspend l’application de Schengen avec l’Espagne, contrôles frontaliers rétablis
L’Italie a annoncé vendredi la suspension temporaire de l’application de l’espace Schengen avec l’Espagne, avec un rétablissement des contrôles aux frontières aériennes et maritimes, en réaction à la crise migratoire à Sebta.
Titres
[Factuel] L’Italie suspend l’application de Schengen avec l’Espagne, contrôles frontaliers rétablis
[Chiffres] Une mesure d’un mois, sans exclusion complète de l’Espagne de l’espace Schengen
[Contexte] Rome renforce aussi ses contrôles à la frontière française, dans le sillage de la crise à Sebta
Résumé
L’Italie a annoncé vendredi la suspension temporaire de l’application de l’espace Schengen avec l’Espagne, avec un rétablissement des contrôles aux frontières aériennes et maritimes, en réaction à la crise migratoire à Sebta.
Article
Une décision actée vendredi à Rome
L’Italie a temporairement suspendu l’application de l’espace Schengen à l’Espagne, a annoncé vendredi le ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani, qualifiant cette mesure d' »inévitable ». « La suspension temporaire de Schengen avec l’Espagne est une décision nécessaire pour protéger la sécurité de nos citoyens et défendre les frontières de l’Europe. C’est une mesure prévue par les traités et qui est devenue aujourd’hui inévitable », a-t-il écrit sur X. La décision a été prise lors d’une réunion tenue vendredi matin au ministère italien de l’Intérieur, sous la présidence du ministre Matteo Piantedosi, sur la base des évaluations du Comité d’analyse sur l’immigration et la sécurité des frontières, dans le prolongement des orientations politiques annoncées la veille par la présidente du Conseil, Giorgia Meloni, en concertation avec Antonio Tajani et le vice-Premier ministre Matteo Salvini.
Ce que cela change concrètement pour les voyageurs
Concrètement, la mesure se traduit par le rétablissement des contrôles pour les voyageurs arrivant du territoire espagnol par voie aérienne ou maritime, ainsi que par la fermeture des frontières aériennes et maritimes italiennes aux ressortissants non-européens en provenance d’Espagne. Cette suspension ne signifie toutefois ni l’exclusion de l’Espagne de l’espace Schengen, ni une interdiction des déplacements entre les deux pays : les citoyens espagnols et les autres ressortissants en règle pourront continuer à se rendre en Italie sans formalités administratives supplémentaires, mais pourront être soumis à des contrôles d’identité aux points d’entrée.
Une mesure prévue pour un mois
Selon les informations disponibles, la mesure italienne doit rester en vigueur pendant un mois. Rome prévoit par ailleurs un renforcement des contrôles à proximité de sa frontière avec la France, afin de prévenir d’éventuels passages irréguliers consécutifs à ce dispositif. À la suite d’un entretien téléphonique entre Matteo Piantedosi et son homologue français, Laurent Nuñez, les deux pays ont convenu de renforcer les contrôles le long de leur frontière commune, dans le cadre d’accords de coopération policière déjà en vigueur ; le ministère français de l’Intérieur a annoncé vendredi la multiplication par cinq du nombre de policiers et gendarmes déployés à la frontière franco-espagnole, portant leurs effectifs à 334 dès samedi.
Une décision née de la crise à Sebta
Cette suspension fait suite à l’afflux massif de migrants dans la ville occupée de Sebta, où environ 60 000 personnes ont tenté de franchir la frontière depuis le Maroc en quelques jours. L’Espagne a dénoncé une décision « démagogique » et convoqué l’ambassadeur italien en signe de protestation, tandis que le chef de la diplomatie espagnole, José Manuel Albares, a jugé le message italien « inapproprié » de la part d' »un pays partenaire et ami ». Cette décision a en revanche été saluée par plusieurs partis d’extrême droite européens, dont le Rassemblement national en France, l’AfD en Allemagne et Reform UK au Royaume-Uni, ainsi que par la Finlande et le Danemark, qui avaient également appelé à envisager une exclusion de l’Espagne de Schengen.
