Caracas convoque l’ambassadeur d’Iran après des propos jugés « méprisants » de Téhéran
Le ministère vénézuélien des Affaires étrangères a convoqué mardi soir l’ambassadeur d’Iran pour lui remettre une note de protestation après des propos du chef de la diplomatie iranienne jugés méprisants envers les institutions du pays.
Une convocation officielle et une note de protestation
Le ministère vénézuélien des Affaires étrangères a annoncé, dans un communiqué publié le soir du 28 juillet 2026, avoir convoqué l’ambassadeur de la République islamique d’Iran au Venezuela pour lui remettre une note de protestation. Le texte dénonce des « déclarations méprisantes et inappropriées à l’égard des institutions et autorités du Venezuela », et exige « la cessation de toute allusion ou comparaison qui porte atteinte à la dignité, à la souveraineté, à l’institutionnalité ou à la bonne réputation de la République bolivarienne du Venezuela ». Caracas y réaffirme que les relations entre États doivent reposer sur « le respect réciproque, l’égalité souveraine, la non-ingérence dans les affaires internes et les autres principes du droit international » ayant historiquement encadré les relations entre les deux pays.
La déclaration à l’origine de l’incident
Selon des médias vénézuéliens, la formule visée est celle prononcée par le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, évoquant les négociations entre l’Iran et les États-Unis : « Ce n’est pas le Venezuela, où l’on prend une personne et où toutes les autres s’effraient et reculent. » Cette phrase, largement reprise en ligne, a été perçue à Caracas comme une allusion directe à la capture, le 3 janvier 2026, de l’ancien président Nicolas Maduro par les forces américaines, lors d’une opération militaire ayant conduit Washington à assurer temporairement le contrôle du pays.
Un froid entre alliés historiques
L’Iran et le Venezuela entretiennent depuis les années Chávez et Maduro une coopération étroite, incluant des livraisons de carburant iranien au Venezuela sous sanctions, des accords commerciaux et une coordination diplomatique au sein d’instances internationales face aux pressions américaines. Téhéran avait naturellement fermement condamné la capture de Maduro en janvier, la qualifiant de « violation flagrante » du droit international, et Abbas Araghchi avait alors exprimé son soutien « au peuple et au gouvernement élu du Venezuela ». La convocation de l’ambassadeur iranien marque ainsi une rupture de ton inhabituelle entre les deux pays.
Une posture vénézuélienne à observer dans un contexte particulier
Cet épisode intervient alors que le gouvernement vénézuélien, désormais dirigé par Delcy Rodríguez après la capture de Maduro, évolue sous une supervision américaine renforcée depuis l’intervention de janvier, notamment sur le plan pétrolier. Certains observateurs y voient un signe de prudence accrue de Caracas à l’égard de tout parallèle susceptible d’être interprété comme une fragilité institutionnelle, dans un contexte où le pays reste sous surveillance étroite de Washington. Tout comme il pourrait aussi s’agir d’une réaction protocolaire ponctuelle et donc sans rupture de fond dans l’alliance entre les deux pays. Ces lectures relèvent à ce stade de l’interprétation plutôt que d’éléments confirmés par les autorités vénézuéliennes ou iraniennes.
