Maroc: Lettre ouverte sur la place de la femme, objet d’un sujet misogyne d’un examen régional du bac

Un examen régional unifié de la première année du baccalauréat au Maroc n’est non seulement pas passé inaperçu mais il a crée une grosse polémique. Et pour cause, le sujet invite les élèves à donner leurs avis sur une question cruciale sans nuancer l’intitulé de la question. La misogynie de la question a provoqué ce mardi un tollé de protestations. Une Lettre ouverte a été soumise à pétition.

« Quelle stupeur de découvrir, dans un sujet d’examen officiel qui s’est dérroulé le 1er juin 2026, cette interrogation d’un autre âge laissant entendre que la femme est «+faite juste pour se marier et faire des enfants + », déplore un collectif de signataires dans une Lettre ouverte.

« Tous les sujets d’examen sont relus par des équipes d’inspecteurs et de professeurs spécialisés avant d’être validés , cela sous la responsabilité directe  et politique du ministre de tutelle », regrettent les signataires dont des associations de défense des droits des femmes et des personnalités issues du monde politique, artistique, académique, des médias.

Dans cette Lettre ouverte, le collection s’interroge à juste titre comment, en 2026, une institution chargée d’éduquer, d’émanciper et d’ouvrir les consciences peut-elle encore proposer à des élèves passant les examens de la 1ere année du baccalauréat une formulation qui réduit la moitié de l’humanité à une fonction conjugale et reproductive.

« Ce n’est pas une simple maladresse et encore moins une quelconque forme élaborée d’exercice testant l’argumentation », s’insurge le collectif, estimant que les mots choisis dans un examen national ou régional ne sont jamais neutres, mais véhiculent une vision du monde.

« Et celle-ci est profondément problématique (…) À travers ce sujet, ce sont des milliers de jeunes filles à qui l’on envoie un message insidieux : leur horizon pourrait se limiter à ce que d’autres décideraient pour elles », cingle collectif.

Car « présenter une telle idée comme une opinion ordinaire à discuter revient à banaliser un imaginaire patriarcal qui a longtemps servi à exclure les femmes de l’éducation, du savoir, de la décision et de l’espace public », fait-il observer, notant qu’un tel sujet soit proposé à de jeunes esprits est d’autant plus grave que l’école devrait être le premier rempart contre les discriminations, et non un espace où elles trouvent une validation implicite.

Le collectif demande une vigilance réelle dans l’élaboration des sujets d’examen, une relecture attentive sous l’angle de l’égalité, et une responsabilité pleine face aux représentations transmises à la jeunesse.

« L’égalité entre les femmes et les hommes est une exigence démocratique », insistent les signataires.

et d’ajouter qu' »une société qui interroge encore la liberté des femmes révèle moins ce qu’elle pense d’elles que ce qu’elle refuse encore d’abandonner les vieux réflexes patriarcaux.

« L’école forme les citoyens et les citoyennes de demain. Des femmes et des hommes qui doivent être pétris de valeurs et de principes qui fondent l’égalité. C’est cela l’Etat de droit », assène le collectif.

Parmi les signataires de cette Lettre ouverte : Khadija Errebbah (Coordinatrice nationale de l’Association démocratique des femmes du Maroc), Fatna Afid (Syndicaliste et activiste), Narjis Rerhaye (Journaliste et auteure), Amina Lotfi (Militante féministe), Laila Doukkali (Présidente de l’Association des Femmes Entrepreneures marocaines), Nouzha Skalli (Militante féministe), Soumaya Naamane Guessous (Sociologue, universitaire et écrivaine), Pr Jamal Eddine Naji (Membre fondateur de l’Organisation marocaine des droits humains), Nabil Benabdallah (Homme politique), Ahmed Ghayet (Acteur associatif et culturel. Auteur), Nour-Eddine Lakhmari (Réalisateur), Abderrazak Hanouchi (Activiste),Abdelilah Souadka (Président de la Société marocaine d’oncologie digestive),  Nadia Doghmi (Militante associative et entrepreneure)Laila Ouachi (Présidente d’association et entrepreneure), Hasna Daoudi (Journaliste, Fondatrice et directrice du site Atlasinfo),Ahmed Najim (Fondateur et directeur du site d’information Goud.ma), Mohamed Ezzouak (Directeur du site Yabiladi), Monia Abdelali (Artiste plasticienne), Hayet Erghouni (Membre du bureau de l’association des femmes marocaines pour la recherche et le développement)…

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