L’ambassadrice Farida Loudaya livre les dessous politiques et stratégiques du virage colombien sur le Sahara

Dans un entretien accordé au site Le360, l’ambassadrice du Maroc en Colombie décrypte les ressorts concrets du basculement de Bogota, révélant comment le virage pro-Polisario sous Gustavo Petro tenait du fait du prince idéologique avant d’être balayé par les nouvelles autorités.

Radiographie d’une dérive idéologique sous Gustavo Petro

Loin du jargon diplomatique lissé, l’ambassadrice du Roi Mohammed VI à Bogota, Farida Loudaya, porte un diagnostic tranchant sur la parenthèse séparatiste ouverte sous l’administration précédente. Dans une interview exclusive au média Le360, la diplomate révèle que le soutien apporté par Bogota à la pseudo-RASD relevait du fait accompli personnel et non d’un choix d’État. « C’était de l’idéologie pure », assène-t-elle, expliquant que l’orientation retenue par Gustavo Petro « ne traduisait d’ailleurs pas une ligne gouvernementale mûrie, mais relevait de la seule initiative personnelle du président Petro, guidée par ses affinités idéologiques de longue date avec le Polisario, remontant à son passé de combattant au sein du mouvement M19 ». Pour masquer cette posture isolée, l’ancien président colombien invoquait des arguments absurdes, prétendant soutenir « la seule nation à parler espagnol » dans la région.

Deux motions du Congrès pour isoler la ligne présidentielle

Face à ce biais militant, la représentation diplomatique marocaine a pilonné le terrain institutionnel pour prouver l’isolement du chef de l’Exécutif colombien. Farida Loudaya rappelle que les forces vives du pays ont systématiquement désavoué la ligne Petro : au cours des années 2022 et 2023, le Congrès colombien a voté à deux reprises des motions d’appui solennel au Maroc, adoubées à une écrasante majorité par les sénateurs et députés. Cette offensive parlementaire et l’appui du monde des affaires ont permis de verrouiller le socle des relations bilatérales, maintenant les canaux ouverts en attendant la fin du mandat présidentiel.

Trois verrous juridiques et un engagement inédit à l’ONU

L’élection d’Abelardo de la Espriella et la prise de fonction de son ministre des Affaires étrangères, Omar Bula Escobar, ont scellé le retour à la réalité géopolitique. Contrairement aux formules ambiguës adoptées par certains pays, la Colombie a formalisé une doctrine aveuglante de clarté :

  1. Une reconnaissance formelle : l’affirmation sans équivoque ni nuance de la souveraineté du Royaume sur son Sahara marocain.

  2. La rupture totale : le gel immédiat de la reconnaissance de l’entité factice, assorti de la fermeture des représentations et de la fin de tout contact politique.

  3. Le verrou onusien : alors que la Colombie siège comme membre non permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, Bogota s’est solennellement engagée à ne fournir « aucun soutien » aux séparatistes dans les enceintes internationales.

Effondrement des bastions du Polisario en Amérique latine

Ce revers essuyé par les séparatistes et leur parrain algérien s’inscrit dans un effondrement en chaîne sur le continent sud-américain, jadis considéré comme l’un des grands bastions favorables aux thèses du Polisario. Saluant la Vision stratégique du Roi Mohammed VI ayant permis cette bascule, Farida Loudaya souligne que l’Équateur – qui siégeait également au Conseil de sécurité – a lui aussi définitivement jeté aux orties sa reconnaissance de la pseudo-RASD pour ouvrir une ambassade à Rabat.

Aujourd’hui, seuls quelques régimes isolés comme Cuba, le Nicaragua, le Venezuela ou le Mexique maintiennent encore une caution à l’entité fantoche. Désormais, le Maroc et la Colombie préparent une première mission économique d’envergure, adossée au levier portuaire de Tanger Med et surtout, au futur port de Dakhla Atlantique.

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