L’armée américaine a quitté l’Irak

C’est vers 7h30, heure locale que 110 véhicules transportant environ 500 soldats, appartenant en grande majorité à la 3ème brigade de la 1ère division de cavalerie, ont officiellement quitté le territoire irakien. Il y a huit ans et neuf mois, les forces américaines avaient franchi cette même frontière dans l’autre sens lors de l’opération Iraqi Freedom (Opération Liberté irakienne) qui devait devenir la guerre la plus controversée de l’histoire américaine depuis celle du Vietnam près d’un demi-siècle plus tôt. L’armée américaine, qui a compté jusqu’à 170.000 hommes au plus fort de la lutte contre l’insurrection, a abandonné 505 bases en Irak. Désormais, il ne reste plus dans ce pays que 157 soldats américains chargés d’entraîner les forces irakiennes et un contingent de Marines pour protéger l’ambassade à Bagdad.

Face au refus de l’Irak d’accorder l’immunité à des milliers de soldats américains chargés de poursuivre la formation, le président Obama avait décidé, le 21 octobre, le retrait total des troupes. La dernière escouade a quitté dans la nuit de samedi à dimanche le camp de l’imam Ali pour les Irakiens et Adder pour les Américains près de Nassiriya, dans le sud. Les Américains laissent derrière eux un pays plongé dans une crise politique, avec la décision du bloc laïc Iraqiya de l’ancien Premier ministre Iyad Allaoui, de suspendre à compter de samedi sa participation aux travaux du Parlement.

Si l’Irak exporte environ 2,2 millions de b/j, lui rapportant 7 milliards de dollars par mois, les services de base comme la distribution d’électricité et l’eau potable sont toujours défectueux. Désormais, les 900.000 éléments des forces irakiennes auront la lourde tâche d’assurer seuls la sécurité du pays alors que les insurgés, notamment Al-Qaïda, bien qu’affaiblis, peuvent encore faire couler le sang. Ils devront aussi empêcher la résurgence des milices et une réédition d’une guerre confessionnelle entre chiites et sunnites qui avait des dizaines de milliers de morts en 2006 et 2007. Et deux autres dangers menacent le pays : la crise en Syrie entre sunnites et alaouites ainsi que l’influence grandissante de l’Iran qui pourrait conduire à des conflits internes.

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