Inflation aux États-Unis : la Fed pourrait devoir relever ses taux « à court terme »
Le gouverneur de la Réserve fédérale américaine Christopher Waller a prévenu lundi que la banque centrale pourrait devoir relever ses taux d’intérêt « à court terme » si l’inflation sous-jacente reste élevée, à la veille de la publication de l’indice des prix à la consommation de juin. Ancien partisan d’une politique monétaire accommodante, M. Waller a nettement durci son discours face à la remontée de l’inflation depuis la guerre au Moyen-Orient.
Une mise en garde à la veille de la publication du CPI
La Réserve fédérale américaine (Fed) risque de devoir relever ses taux d’intérêt « à court terme » si l’inflation continue d’évoluer dans la mauvaise direction, a prévenu lundi le gouverneur Christopher Waller. La banque centrale « doit se tenir prête à resserrer sa politique monétaire pour éviter une répétition de l’épisode d’inflation de 2021-22 », a-t-il déclaré à New York, lors d’un évènement organisé par l’association d’économistes NYABE.
« Je suis conscient de l’erreur que nous avons commise en 2021 en ne réagissant pas plus tôt face à la forte inflation que nous connaissions, et je suis déterminé à ne pas la répéter », a-t-il ajouté.
D’un profil de « colombe » à un ton plus « faucon »
M. Waller était considéré comme l’un des banquiers centraux américains les plus « colombes », c’est-à-dire plus soucieux de soutenir l’activité économique que de lutter contre l’inflation. Sa position s’est nettement rapprochée de celle des « faucons » depuis que la guerre au Moyen-Orient a fait redécoller l’inflation aux États-Unis.
L’inflation sous-jacente, principale source d’inquiétude
L’indice PCE, privilégié par la Fed pour surveiller les prix, était en hausse de 4,1% en mai, au plus haut depuis trois ans, soit le double de l’objectif visé par l’institution monétaire. L’indice des prix à la consommation (CPI) de juin doit être publié mardi et devrait marquer un ralentissement grâce au reflux des prix à la pompe sur la période. Mais M. Waller se dit particulièrement préoccupé par le niveau de l’inflation sous-jacente, qui exclut les fluctuations de prix de l’alimentation et de l’énergie.
« Si les chiffres de l’inflation sous-jacente s’avèrent à nouveau élevés cette semaine », le comité fixant les taux directeurs « devra alors envisager de resserrer sa politique monétaire à court terme », a-t-il lancé, ajoutant : « Se contenter de fixer l’inflation d’un regard sévère jusqu’à ce qu’elle fonde sous notre regard foudroyant n’est pas une option. »
Les marchés révisent leurs anticipations
Ses propos ont immédiatement fait réagir les investisseurs, plus nombreux à envisager une hausse des taux dès la prochaine réunion de politique monétaire, prévue à la fin du mois, selon l’outil de veille CME FedWatch. Une majorité penche toutefois encore pour un statu quo, qui serait le cinquième d’affilée.
Un ancien favori de Trump, finalement écarté au profit de Kevin Warsh
Gouverneur depuis 2020 – Donald Trump l’avait désigné lors de son premier mandat à la Maison Blanche -, Christopher Waller était cité comme l’un des favoris du milliardaire républicain pour succéder à Jerome Powell à la tête de la Fed. Le président américain, qui attend des taux d’intérêt plus bas, lui a finalement préféré Kevin Warsh, confirmé à la présidence de la Fed en mai.
Waller plaide pour la transparence de la Fed
M. Warsh a posé comme principe de ne donner aucune indication sur la trajectoire possible de la politique monétaire, laissant les investisseurs faire leurs propres déductions en fonction des données économiques publiées. « Depuis le temps que je suis économiste, je n’ai jamais vu la moindre théorie affirmant qu’on améliore la vie des gens ou le fonctionnement des marchés en ne leur disant pas ce qu’on pense. Surprendre les gens n’est pas une bonne idée », a estimé Christopher Waller, se présentant comme « un fervent défenseur de la transparence ».
