Trump rétablit le blocus des ports iraniens après des frappes sans précédent depuis avril

Donald Trump a annoncé lundi le rétablissement du blocus des ports iraniens dans le détroit d’Ormuz, après une série de frappes nocturnes américaines visant à empêcher l’Iran d’attaquer des navires marchands. Cette annonce, qui s’accompagne d’une taxe de 20% sur le fret transitant par la voie maritime, intervient alors que les prix du pétrole ont bondi de près de 10% et que le protocole d’accord signé en juin entre Washington et Téhéran est déclaré « en crise » par la diplomatie iranienne.

Le blocus entrera en vigueur mardi soir

Donald Trump a annoncé lundi le rétablissement du blocus des ports iraniens dans le secteur du détroit d’Ormuz, voie maritime stratégique au cœur de la reprise des hostilités avec l’Iran. « Les États-Unis seront désormais connus sous le nom de GARDIENS DU DÉTROIT D’ORMUZ », a lancé sur Truth Social le président américain, après une série de frappes nocturnes visant à empêcher l’Iran d’attaquer des navires, selon le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

Il a annoncé le rétablissement du « BLOCUS DE L’IRAN – ainsi nommé car il empêche uniquement les navires ou les clients de l’Iran d’entrer ou de sortir ». L’armée américaine a précisé qu’il entrerait en vigueur mardi à 20h00 GMT. Tout comme Téhéran souhaite instaurer des frais de service pour traverser le détroit, le président américain veut percevoir une rémunération correspondant à 20% de la valeur des cargaisons transitant par la voie maritime, pourtant soumise au droit international censé garantir la liberté de navigation.

Téhéran ironise sur « l’équité » de la taxe américaine

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, dont le pays a pris le contrôle du détroit au début de la guerre, a rétorqué sur X que l’Iran « a toujours été le gardien du détroit et le restera pour toujours ». Donald Trump « a tout à fait raison », a-t-il ironisé. « Quiconque assure le passage sûr et sécurisé des navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz devrait être rémunéré. » Il a ajouté : « 20%, c’est évidemment trop. Nous serons équitables. »

Les Gardiens de la révolution iraniens accusent Washington de mettre en péril l’approvisionnement mondial en pétrole, un sujet crucial après des mois de flambée des cours liée à la paralysie du détroit, par lequel transitait avant la guerre un cinquième du brut mondial.

Les cours du pétrole s’envolent

Les cours se sont envolés lundi : le prix du baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale, a bondi de 9,59%, clôturant à 83,30 dollars. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a exprimé sa « profonde inquiétude ».

Un protocole d’accord « en crise »

Après quasiment 40 jours de bombardements dans le conflit déclenché par des frappes israélo-américaines le 28 février, un cessez-le-feu était entré en vigueur début avril, avant d’être entériné le 17 juin par un protocole d’accord. Mais depuis des attaques survenues mardi contre des navires tentant de franchir Ormuz, les affrontements ont repris avec une intensité inédite depuis des semaines, faisant dire à Donald Trump que le cessez-le-feu était « terminé ».

Lundi soir encore, quatre nouvelles explosions ont été entendues près de Bandar Abbas, ville portuaire du sud de l’Iran située sur le détroit d’Ormuz, rapporte l’agence de presse Irna. Pour le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, « il ne fait aucun doute » que le protocole d’accord « est en crise ». « Mais l’Iran n’a jamais été le premier à violer ses engagements », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à Téhéran. Les consultations avec les médiateurs que sont le Qatar, le Pakistan et Oman se poursuivent afin de « prévenir une escalade », a-t-il assuré.

Un seul couloir de navigation autorisé par Téhéran

Le protocole d’accord prévoyait la réouverture du détroit, Téhéran n’autorisant toutefois qu’un seul couloir de navigation, le long de ses côtes. « Ce passage stratégique est plus important que des dizaines de bombes atomiques, et la République islamique d’Iran le protégera », a averti le conseiller militaire du guide suprême, Mohsen Rezaï.

Au moins 25 morts depuis mercredi

Les bombardements américains des derniers jours ont touché de vastes zones de l’ouest et du sud de l’Iran, notamment l’île de Qeshm et Bandar Abbas, mais aussi la province du Khouzistan, frontalière de l’Irak, où deux personnes ont été tuées. Les États-Unis ont également lancé dimanche, pour la première fois en combat, des drones navals d’attaque unidirectionnels contre le port de Bandar Abbas. Au total, 25 personnes ont été tuées depuis mercredi. En représailles, les Gardiens de la révolution ont dit avoir bombardé des installations américaines situées à Oman, Bahreïn, au Koweït et en Jordanie.

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