Cybersécurité : Londres et Bruxelles désignent pour la première fois le FSB pour une attaque contre la Pologne
Le Royaume-Uni et l’Union européenne ont annoncé lundi des sanctions conjointes contre la Russie, accusée d’être à l’origine de cyberattaques destinées à « semer la chaos et la division en Europe ». Pour la première fois, Londres et Bruxelles ont désigné ensemble les services de renseignement russes derrière une cyberattaque visant le réseau électrique polonais, qui aurait pu priver 500.000 personnes d’électricité en plein hiver.
Des sanctions coordonnées contre la Russie
Le Royaume-Uni et l’Union européenne ont annoncé ensemble lundi prendre des sanctions contre la Russie, qu’ils accusent d’être à l’origine de cyberattaques destinées à « semer la chaos et la division en Europe ». La Grande-Bretagne a annoncé prendre des sanctions contre 24 individus et entités liées aux services de renseignement russes, l’UE dévoilant de son côté des sanctions contre 13 entités et individus, dont des officiers du renseignement militaire russe (GRU).
« La menace est réelle, concrète, destructrice, tout le monde aujourd’hui en est convaincu », a assuré une source sécuritaire d’un pays de l’UE.
Le FSB désigné pour une attaque contre le réseau électrique polonais
Londres et Bruxelles ont pour la première fois désigné ensemble les services de renseignement russes, le FSB, derrière une attaque contre le réseau électrique polonais. Cette cyberattaque, émanant du « Centre 16 du FSB », a échoué, a précisé le Royaume-Uni, mais elle aurait pu priver 500.000 personnes d’électricité « en plein cœur de l’hiver ».
La cheffe de la diplomatie de l’UE Kaja Kallas indique que le Centre 16 est aussi à l’origine d’opérations de cyberespionnage en France depuis 2010 contre des « entités gouvernementales stratégiques ».
Des réactions fermes de Bruxelles et Londres
« Nous condamnons fermement le comportement de la Russie », a affirmé Mme Kallas, dénonçant le recours par les autorités russes à des cybercriminels, des hackers et des entreprises privées pour mener ces attaques.
« Qu’il s’agisse de diriger des criminels contre des entreprises ou de frapper le réseau énergétique polonais en plein cœur de l’hiver, l’État russe atteint de nouveaux sommets d’indignité dans ses tentatives de saper la sécurité européenne », a dénoncé pour sa part la ministre britannique des Affaires étrangères Yvette Cooper.
Le représentant russe convoqué à Bruxelles
L’UE, à l’instar de la France et de l’Allemagne, a également annoncé avoir convoqué le représentant russe à Bruxelles, à la suite de ces cyberattaques.
Des milliers d’individus déjà sanctionnés pour la guerre en Ukraine
La Grande-Bretagne a déjà pris des sanctions contre quelque 3.400 individus et entités, accusés de soutenir l’effort de guerre russe contre l’Ukraine. L’UE a de son côté sanctionné pour les mêmes raisons quelque 2.700 individus et entités, et une centaine d’autres, accusés d’attaques hybrides contre l’UE. Ces sanctions consistent en un gel des avoirs et une interdiction de se rendre dans l’Union européenne.
De nouvelles sanctions pour des violations des droits humains
Lundi soir, l’Union européenne a en outre annoncé des sanctions contre 15 personnes et une entité « responsables de graves violations des droits humains commises à l’encontre de prisonniers de guerre ukrainiens et de civils détenus, tant dans les régions temporairement occupées de l’Ukraine qu’en Russie ». Elles visent notamment le Russe Dmitry Neelov, l’un des responsables de la prison d’Olenivka dans la région de Donetsk, accusé de torture, de passages à tabac et d’humiliation de prisonniers ukrainiens.
