États-Unis : victoire de Cruz et Sanders, Trump et Clinton capitalisent

Si les deux candidats “outsiders” ont remporté deux États, Donald Trump et Hillary Clinton ont conforté leur avance et demeurent favoris des primaires.

La course à la Maison-Blanche relancée ? Pas tout à fait. Mais avec leur victoire dans deux États, Ted Cruz et Bernie Sanders se rassurent (un peu) et espèrent inverser la dynamique, pour l’instant défavorable. Cependant, Donald Trump et Hillary Clinton restent largement favoris pour l’investiture de leur parti respectif.

Ted Cruz, qui ne cesse de se présenter comme l’ultime rempart dans le camp républicain face à Donald Trump, l’a emporté largement dans deux États sur les quatre qui étaient en jeu samedi soir : le Kansas et le Maine. Mais il n’a pu empêcher le magnat de l’immobilier de s’imposer en Louisiane, État du sud du pays qui était le plus important de la soirée en termes de délégués. Et Donald Trump a également remporté le Kentucky, selon les projections des télévisions américaines, portant à douze le nombre de primaires remportées à ce jour, contre six pour Ted Cruz. En revanche, le sénateur de Floride Marco Rubio semblait de plus en plus perdre pied dans la course à la Maison-Blanche.
Nouveau "Super Mardi" le 15 mars

"Personnellement, j’appellerais à ce qu’il se retire de la course. Je suis prêt à affronter Ted en un contre un", a d’ailleurs lancé Donald Trump lors d’une conférence de presse, à West Palm Beach, en Floride. Auparavant, celui qui se présente désormais comme la seule alternative à Trump, a dit avoir vu dans les résultats de samedi la "continuation" de sa progression dans l’électorat républicain. "Ce que nous voyons, ce sont les conservateurs en train de se rassembler, les républicains en train de se rassembler", a affirmé Ted Cruz, dans l’Idaho où il faisait campagne.

La prochaine fournée de primaires républicaines est prévue mardi dans le Michigan, le Mississippi, l’Idaho et à Hawaï, avant un nouveau "Super Mardi" le 15 mars où 5 grands États seront en jeu, dont la Floride. Au terme des primaires, le candidat qui aura remporté le plus de délégués sera investi à la convention nationale du parti en juillet. Les deux autres candidats à l’investiture républicaine, le sénateur de Floride et l’ancien gouverneur de l’Ohio John Kasich, restent installés en position de spectateurs aux troisième et quatrième places. Pour l’instant, Marco Rubio ne l’a emporté que dans un seul État, le Minnesota, et John Kasich n’a eu aucune victoire.

Sanders remporte deux États, Clinton résiste

La rhétorique fleurie et scabreuse de Donald Trump lors du dernier débat républicain jeudi soir a continué à secouer la hiérarchie du parti républicain. Mais il n’était pas certain que la campagne lancée contre lui par l’élite du Parti républicain, dont l’ancien candidat à la présidentielle en 2012 Mitt Romney, puisse être suffisante pour lui faire perdre son avance. Son ton outrancier a fait douter de son éligibilité en novembre prochain, y compris parmi ses plus inféodés. "C’est l’establishment. L’establishment est contre nous", s’est défendu Donald Trump samedi lors d’un meeting à Wichita, dans le Kansas. Le milliardaire a annulé à la dernière minute sa participation samedi au CPAC, grand-messe annuelle des conservateurs américains purs et durs près de Washington, où il n’était pas vraiment en odeur de sainteté. Selon un sondage samedi, seuls 15 % des participants à la conférence ont dit soutenir sa candidature, contre 40 % pour Ted Cruz, 30 % pour Marco Rubio, et 8 % pour John Kasich.

Dans le camp démocrate, le pourfendeur de "Wall Street" Bernie Sanders a redonné avec ses deux victoires samedi dans le Kansas et le Nebraska des couleurs à une campagne qui était sortie considérablement affaiblie après le "Super Mardi" lors duquel Hillary Clinton avait raflé sept victoires. Mais l’ancienne première dame, favorite de l’investiture démocrate pour la présidentielle de novembre, a confirmé sa force avec une large victoire en Louisiane, le plus important des États en lice samedi soir. Hillary Clinton a notamment bénéficié du soutien de la communauté noire, un vote que Bernie Sanders ne parvient pas à obtenir.

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