Après l’Italie et la Finlande, le Danemark envisage à son tour de suspendre l’Espagne de Schengen

La Première ministre danoise Mette Frederiksen a rejoint vendredi l’Italie et la Finlande en jugeant que l’Union européenne devrait envisager de suspendre l’Espagne de l’espace Schengen, alors que le bilan de la crise migratoire à Sebta s’alourdit.

Copenhague rejoint le front anti-Madrid
La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a estimé vendredi que l’Union européenne devrait envisager de suspendre l’Espagne au sein de l’espace Schengen, après l’entrée illégale de milliers de migrants dans la ville occupée de Sebta en provenance du Maroc ces derniers jours. « Il va de soi que l’UE doit immédiatement prendre toutes les mesures nécessaires et envisager toutes les options, y compris une suspension de la coopération Schengen. Une immigration incontrôlée constitue une menace pour l’Europe et pour le Danemark », a-t-elle déclaré dans un communiqué transmis à l’AFP. Qualifiant les images en provenance de Sebta de « choquantes », elle a précisé s’être déjà entretenue avec la Première ministre italienne Giorgia Meloni, qui a proposé la fermeture de l’espace Schengen à l’Espagne, ajoutant : « Nous rassemblons des dirigeants européens pour discuter de la situation. »

Un bilan humain qui s’alourdit
Depuis jeudi soir, plus de 60 000 migrants ont franchi la frontière entre le Maroc et la ville occupée de Sebta, et 34 personnes sont mortes durant la traversée, selon un bilan actualisé vendredi. Ce chiffre marque une nette aggravation par rapport aux précédents bilans, qui faisaient état de 18 à 19 décès et d’environ 49 000 entrées en 24 heures.

Bruxelles réagit sans viser Madrid
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a de son côté qualifié vendredi les images en provenance de la ville occupée d' »inacceptables », affirmant que l’Union européenne « ne peut permettre à quiconque » d’entrer sur son territoire de cette manière. Contrairement à l’Italie, à la Finlande et désormais au Danemark, cette déclaration ne constitue pas une critique du gouvernement espagnol, mais porte sur la situation migratoire elle-même et la protection de la frontière extérieure de l’Union.

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