Près de 50 000 migrants seraient entrés dans la ville occupée de Sebta en 24 heures

Le ministère espagnol de l’Intérieur estime qu’environ 49 000 migrants ont franchi la frontière entre le Maroc et la ville occupée de Sebta en 24 heures, un afflux d’une ampleur inédite qui a également gagné Melilia.

Un afflux d’une ampleur exceptionnelle
Selon les estimations du ministère espagnol de l’Intérieur, publiées vendredi, environ 49 000 migrants ont franchi par voie maritime et terrestre la frontière entre le Maroc et la ville occupée de Sebta au cours des dernières 24 heures. La télévision publique espagnole TVE avait pour sa part évoqué entre 2 000 et 3 000 personnes entrées jeudi, un écart qui illustre la difficulté des autorités à établir un bilan précis en temps réel. Un porte-parole de la Guardia Civil, chargée de la surveillance des frontières espagnoles, a indiqué que les migrants entraient « massivement depuis la mer » via la digue de Tarajal, sans pouvoir fournir d’estimation chiffrée, qualifiant la situation de « chaos absolu ».

De nouveaux renforts envoyés par Madrid
Le gouvernement espagnol a annoncé l’envoi de renforts supplémentaires vers la ville occupée de Sebta, dont des plongeurs, pour faire face à la situation. Selon les autorités, 200 policiers spécialisés et 60 militaires supplémentaires sont arrivés depuis la péninsule pour appuyer les forces déjà déployées dans l’enclave. Neuf corps ont été retrouvés jeudi à Sebta, portant à 18 le nombre de migrants morts en tentant de rejoindre la ville occupée ces derniers mois, sur un bilan plus large de 60 décès recensés sur cette route depuis le début de l’année.

Des tensions qui s’étendent à Melilia
L’effet de contagion s’est étendu à Melilia, l’autre ville occupée du nord du Maroc, où environ 400 migrants en situation irrégulière seraient parvenus à entrer jeudi soir, selon le président de la ville, Juan José Imbroda. Des images ont montré des affrontements au poste-frontière de Beni Ansar, seul point de passage ouvert entre le Maroc et Melilia depuis six ans : selon Omar Naji, de l’Association marocaine des droits humains, au moins trois véhicules ont été incendiés et des blessés ont été signalés tant parmi les migrants que parmi les forces de sécurité. Le ministère marocain de l’Intérieur n’a pas répondu aux sollicitations sur cet épisode.

Sánchez attendu sur place
Le président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, doit se rendre vendredi à Sebta avec le ministre de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, pour des réunions avec les forces de sécurité et les autorités locales, a annoncé ses services. De nombreux commerces sont restés fermés jeudi dans la ville occupée. Le chef de l’opposition conservatrice espagnole, Alberto Núñez Feijóo, a qualifié la situation de « désespérée ».

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