Un village anglais vote à 92% pour faire « sécession » du Royaume-Uni, contre un centre d’accueil de migrants
Les habitants du village anglais de Piddington ont voté massivement lors d’un référendum symbolique contre l’installation d’un centre d’accueil pour 1 250 demandeurs d’asile, une initiative dont le Premier ministre Andy Burnham a dit « comprendre » les craintes.
Un référendum symbolique à Piddington
Le Premier ministre britannique Andy Burnham a dit mercredi « comprendre » les craintes d’un village anglais qui a voté en faveur d’une « sécession » du Royaume-Uni lors d’un référendum symbolique, pour s’opposer à la possible installation d’un centre d’accueil local de demandeurs d’asile. Le gouvernement travailliste, qui a promis de reloger les demandeurs d’asile hébergés actuellement dans des hôtels, projette d’ouvrir plusieurs centres d’accueil dans d’anciens sites militaires, dont un à proximité de Piddington, commune de 350 habitants des environs d’Oxford. Selon les résultats du scrutin organisé mardi, 285 habitants ont voté en faveur d’une « sécession », contre 26, avec un taux de participation de 92 %.
Un projet visant 1 250 demandeurs d’asile
La décision définitive n’a pas encore été prise, mais le projet consiste à loger dans un ancien site militaire quelque 1 250 demandeurs d’asile, tous des hommes célibataires entre 18 et 65 ans, selon le ministère de l’Intérieur. Le site avait auparavant abrité un centre de stockage et de logistique de la défense, dont les anciens bâtiments seraient démolis et remaniés selon le projet du gouvernement. « Je comprends la vive émotion, et elle existe partout dans le pays », a déclaré Andy Burnham, ajoutant que respecter l’engagement d’en finir avec l’hébergement des demandeurs d’asile dans des hôtels « implique des décisions difficiles », et qu’il examinerait les questions soulevées par la population et ce référendum.
Un sentiment d’être ignorés par le gouvernement
Avant d’organiser ce vote, des résidents avaient manifesté durant l’été, et 133 habitantes avaient envoyé une lettre ouverte aux 266 femmes députées du Parlement de Westminster. « Le gouvernement n’a pas répondu » et le village s’est senti « ignoré », a expliqué l’élu local Tim McNally sur Sky News, précisant que le référendum visait à transmettre ce sentiment au Parlement. Le président de l’assemblée régionale de l’Oxfordshire, le libéral-démocrate Tim Bearder, s’est pour sa part inquiété sur la BBC que le futur centre d’accueil ne devienne un point d’attraction pour l’extrême droite.
Un débat national sur l’immigration
Les rassemblements antimigrants, parfois violents, sont fréquents au Royaume-Uni, où les arrivées en bateau par la Manche sont un sujet central du débat politique, qui a notamment alimenté la montée du parti anti-immigration Reform UK. Selon le ministère britannique de l’Intérieur, 16 657 migrants sont arrivés par ce biais depuis le début de l’année, en nette baisse par rapport à la même période en 2025.
