Le Maroc et l’Espagne s’accordent sur le rapatriement de tous les migrants entrés à Sebta

Les gouvernements marocain et espagnol ont convenu jeudi de rapatrier l’ensemble des personnes entrées illégalement dans la ville occupée de Sebta le 29 juillet, sans possibilité de régularisation.

Un accord conclu au terme de contacts de haut niveau
Les gouvernements marocain et espagnol ont décidé, à l’issue d’une concertation à un niveau élevé, de rapatrier toutes les personnes entrées illégalement dans la ville occupée de Sebta le 29 juillet, en soulignant qu’aucune de leurs situations ne sera régularisée, quels que soient leur nationalité ou leur âge. Selon des sources autorisées citées par la presse marocaine, les deux pays se sont engagés à intensifier leur coordination et à mettre en œuvre les procédures nécessaires pour assurer, « dans les meilleurs délais », le retour de l’ensemble des personnes concernées, y compris les mineurs.

Une traversée massive endeuillée
Cette décision intervient après l’arrivée à la nage à Sebta de plusieurs milliers de migrants, partis notamment des côtes de Fnideq, lors d’un franchissement massif de la digue d’El Tarajal jeudi matin. Selon des sources marocaines, cette ruée a fait quatre morts et une vingtaine de disparus. La foule était composée en majorité de Marocains, mais comptait également des Algériens et des ressortissants d’Afrique subsaharienne.

Une coopération saluée par Madrid
Le ministère espagnol de l’Intérieur a réaffirmé « l’excellence » de la coopération entre l’Espagne et le Maroc en matière migratoire, estimant que des réseaux de traite d’êtres humains exploitaient une récente décision de justice pour encourager des migrants en situation irrégulière, principalement des jeunes, à tenter de rejoindre Sebta. Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a indiqué sur X que des « mesures nécessaires » étaient en cours d’élaboration, précisant que son gouvernement mobilisait « toutes les ressources nécessaires » en coordination avec les autorités marocaines et internationales pour rétablir la normalité.

Une crise qui suscite des critiques en Espagne
Le chef du parti d’opposition espagnol Parti populaire, Alberto Núñez Feijóo, a dénoncé « une situation désespérée » et « une crise de sécurité nationale ». Le ministère espagnol de l’Intérieur a précisé n’avoir enregistré aucune arrivée par la mer à Sebta en 2026 jusqu’au 15 juillet, contre seulement quatre en 2025 et 28 en 2024, soulignant le caractère soudain de cette vague migratoire.

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