L’Alliance européenne du nucléaire veut plus de « neutralité technologique » pour l’action de l’UE en matière de climat et d’énergie
Les pays de l’Alliance européenne du nucléaire, dont la France, ont appelé à inclure davantage le principe de « neutralité technologique » dans les propositions concernant le cadre d’action de l’Union européenne (UE) en matière de climat et d’énergie à l’horizon 2030.
Les technologies de l’énergie nucléaire sont considérées comme des technologies « zéro net » dans le règlement de l’Union européenne pour une industrie « zéro net » et que la loi européenne modifiée sur le climat, adoptée récemment, consacre le principe de neutralité technologique comme élément clé de la stratégie de décarbonation à l’échelle de l’UE, rappelle la déclaration.
Les membres de l’Alliance considèrent que le nouveau CFP, « sans préjudice des négociations en cours », doit pouvoir soutenir des projets d’énergie nucléaire, en particulier des projets qui apportent une valeur ajoutée européenne, conformément à la stratégie de compétitivité industrielle de l’UE, au règlement pour une industrie « zéro net » et au pacte pour une industrie propre .
Ils appellent à cet effet la Commission européenne et les États membres de l’UE à soutenir « les projets qui renforceront les capacités et les compétences industrielles de l’UE et qui mobiliseront ses chaînes d’approvisionnement ainsi qu’à augmenter les capacités du parc nucléaire, tout en demeurant ouverts aux partenariats stratégiques et de coopération ».
« Tout cela est essentiel pour faire en sorte que l’UE renforce ses capacités industrielles et ses chaînes d’approvisionnement propres et dispose des technologies dont elle a besoin pour opérer une transition vers une société neutre pour le climat et une économie résiliente, tout en protégeant sa compétitivité », insistent-ils.
Ils appellent notamment la Commission européenne à contribuer à l’identification des moyens d’améliorer l’accès des projets nucléaires aux fonds et aux instruments de financement pertinents de l’Union européenne, tel que l’instrument InvestEU, tout en soulignant l’importance d’accélérer particulièrement le déploiement industriel des technologies des petits réacteurs modulaires en Europe en veillant à ce que l’industrie européenne « reste à la pointe de l’innovation et de la fabrication ».
Tout en saluant la mobilisation des investissements par la Banque européenne d’investissement (BEI) à l’appui des projets d’énergie nucléaire en Europe, « contribuant au renforcement de la confiance des investisseurs et à la mobilisation des capitaux privés », l’Alliance encourage les autres institutions financières européennes publiques et privées à mettre à jour leur classification des projets d’énergie nucléaire en conséquence.
Publiée au lendemain du deuxième Sommet international sur l’énergie nucléaire organisé, mardi à Paris, à l’Initiative de la France en partenariat avec l’Agence internationale de l’Energie atomique (AIEA), la Déclaration souligne « la ferme détermination » des membres de l’Alliance européenne du nucléaire à développer et déployer l’énergie nucléaire, « dans le plein respect du droit de chaque État membre à déterminer son propre bouquet énergétique, qui est une composante essentielle de notre stratégie de décarbonation, de compétitivité et de sécurité énergétique, tout en tenant compte de la sûreté, de la sécurité et des garanties ».
Outre la France, l’Alliance rassemble la Belgique, la Bulgarie, la Croatie, la Finlande, la Hongrie, l’Italie, les Pays-Bas, la Pologne, la République tchèque, la Roumanie, la Slovaquie, la Slovénie et la Suède.
