L’Australie et le Japon ont signé samedi les contrats portant sur la livraison à la marine australienne de trois frégates furtives, les premières d’un accord estimé à 10 milliards de dollars australiens (6,5 milliards de dollars américains).
Le groupe Mitsubishi Heavy Industries construira au Japon les trois premiers bâtiments de classe Mogami, dont la première unité doit être livrée à Canberra dans un délai de trois ans. Huit autres navires seront ensuite assemblés dans l’État d’Australie-Occidentale.
En août dernier, Canberra avait annoncé avoir retenu l’offre japonaise face au modèle allemand “MEKO A-200” du groupe Thyssenkrupp Marine Systems. Les nouvelles frégates remplaceront progressivement les bâtiments vieillissants de classe ANZAC de la marine australienne, jugés de plus en plus vulnérables face aux missiles modernes et aux drones.
Le ministre australien de la Défense, Richard Marles, a estimé lors de la cérémonie de signature que ces navires permettront au pays de disposer d’une flotte de surface plus importante et plus létale. “Le calendrier que nous avons annoncé correspond à l’acquisition la plus rapide jamais réalisée pour l’entrée en service d’un bâtiment de combat de surface au sein de la marine royale australienne”, a-t-il dit.
Pour sa part, son homologue japonais, Shinjiro Koizumi, a qualifié l’intégration de navires japonais au sein de la flotte australienne d’“étape majeure” dans le renforcement de la coopération bilatérale en matière de défense. Il a ajouté que les besoins réduits en équipage (environ 90 marins, soit près de moitié moins que les frégates ANZAC actuelles) avaient constitué un facteur déterminant dans la sélection australienne.
Les futures frégates australiennes de classe Mogami seront équipées de missiles surface-air, de missiles antinavires et pourront embarquer des hélicoptères de combat.
Le Japon et l’Australie sont tous deux membres du groupe Quad aux côtés de l’Inde et des États-Unis.
Jeudi, le gouvernement australien a annoncé qu’il portera les dépenses de défense à 3% du produit intérieur brut d’ici 2033, contre environ 2% aujourd’hui. Canberra prévoit ainsi 14 milliards de dollars australiens supplémentaires (environ 9,1 milliards de dollars américains) sur quatre ans, puis 53 milliards de plus (près de 34,5 milliards de dollars) sur la décennie.
Au total, l’effort atteindrait 117 milliards de dollars australiens (environ 76 milliards de dollars américains), dans un saut budgétaire rarement observé en temps de paix.
