Aliments insalubres : 866 millions de cas de maladie et 1,5 million de décès par an, selon l’OMS
Les aliments insalubres provoquent chaque année environ 866 millions cas de maladie et 1,5 million de décès dans le monde, les enfants de moins de cinq ans supportant une part disproportionnée de ce fardeau, selon de nouvelles estimations publiées jeudi par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Les maladies diarrhéiques liées à une alimentation contaminée demeurent particulièrement meurtrières pour cette tranche d’âge, tandis que l’exposition à des substances chimiques comme le méthylmercure ou le plomb peut entraîner des atteintes neurologiques et des troubles du développement irréversibles.
Selon l’OMS, la majorité des quelque 860 millions de cas recensés en 2021 étaient dus à des agents biologiques – bactéries, virus ou parasites -, mais les risques chimiques ont été responsables d’une part disproportionnée des décès, représentant 73 % de la mortalité liée aux aliments contaminés.
L’arsenic inorganique et le plomb ont à eux seuls été associés respectivement à 42 % et 31 % de ces décès, principalement en raison de leur contribution aux maladies cardiovasculaires et aux cancers.
Si la charge globale des maladies d’origine alimentaire a diminué depuis 2000, de fortes disparités régionales persistent, l’Afrique et l’Asie du Sud-Est concentrant près des trois quarts des cas et 60 % des décès mondiaux.
L’étude souligne également le coût économique considérable du phénomène, estimant à 310 milliards de dollars les pertes de productivité liées aux absences pour maladie en 2021, un montant porté à 647 milliards de dollars après ajustement des différences de coût de la vie entre pays.
« La sécurité alimentaire n’est pas une question abstraite: elle concerne chaque repas, chaque famille, chaque jour », a déclaré le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, estimant que ces nouvelles données offrent pour la première fois aux gouvernements une vision précise de l’ampleur du problème afin de cibler les mesures de prévention.
L’analyse de l’OMS couvre 42 dangers alimentaires majeurs dans 194 pays entre 2000 et 2021, incluant désormais plusieurs risques jusqu’alors peu documentés, comme certains métaux lourds, le rotavirus ou le parasite responsable de la maladie de Chagas.
L’organisation appelle les États à renforcer les contrôles industriels, les pratiques agricoles et les réglementations environnementales afin de prévenir la contamination à la source.
L’OMS avertit par ailleurs que le changement climatique, qui accroît les risques de contamination, ainsi que la résistance aux antimicrobiens, qui complique le traitement des infections, aggravent la menace.
« Ce rapport est un signal d’alarme mais aussi une feuille de route », a souligné Yuki Minato, spécialiste de la sécurité sanitaire des aliments à l’OMS et principale auteure de l’étude publiée dans The Lancet Global Health, plaidant pour une approche intégrée associant santé humaine, animale, végétale et environnementale afin de réduire durablement le fardeau mondial des maladies d’origine alimentaire.
