Kenya : des violences lors d’une élection partielle ravivent les craintes pour 2027
Des violences survenues lors d’une élection législative partielle au Kenya ravivent les craintes d’une flambée de tensions à l’approche de la présidentielle d’août 2027.
Une élection partielle sous tension à Ol Kalou
L’élection législative partielle organisée jeudi 16 juillet dans la circonscription d’Ol Kalou, dans le comté de Nyandarua, a été marquée par des violences, des actes d’intimidation et la destruction de matériel de campagne. La police a lancé une chasse à l’homme jeudi soir contre un ancien membre de l’assemblée du comté et un responsable administratif local, après des troubles survenus durant la nuit. Ce scrutin, qui oppose le Democracy for Citizens Party (DCP) et le United Democratic Alliance (UDA), est perçu comme un test pour la Commission électorale indépendante et des frontières (IEBC), récemment reconstituée, quant à sa capacité à prévenir les violences électorales avant le scrutin général de 2027.
Des violences déjà enregistrées à Kisumu et Nyahururu
Ces incidents s’ajoutent à des violences politiques survenues le week-end précédent dans la ville de Kisumu et la localité de Nyahururu, où des affrontements entre groupes politiques rivaux ont fait un mort, plusieurs blessés et entraîné l’incendie de neuf motos ainsi que des dégâts sur un véhicule de police. Huit suspects ont été arrêtés et placés en détention. Plusieurs analystes évoquent la multiplication de groupes de jeunes hommes, parfois recrutés par centaines pour intimider des rivaux ou perturber des rassemblements publics, à l’approche du scrutin.
Le Kenya, deuxième démocratie la plus à risque au monde
La Fondation Kofi Annan a averti, dans son Indice de vulnérabilité électorale 2026-2027 publié cette semaine, que le Kenya présente un risque élevé de violences liées aux élections, évoquant les tensions politiques, les difficultés économiques et la défiance persistante envers les institutions. Le pays est désormais classé deuxième démocratie la plus à risque de violences électorales au monde, juste derrière le Nigeria, avec une probabilité estimée à plus de 80% d’un scrutin marqué par des violences, dont environ 6% de risque de violences sévères.
Une présidentielle prévue le 10 août 2027
Les élections générales sont programmées pour le 10 août 2027, conformément à la règle constitutionnelle fixant le scrutin législatif au deuxième mardi du mois d’août tous les cinq ans. Les électeurs devront élire le président, les membres de l’Assemblée nationale et du Sénat, ainsi que les gouverneurs de comté et les assemblées locales. Pour être élu dès le premier tour, un candidat à la présidence doit obtenir la majorité nationale des suffrages ainsi qu’au moins 25% des voix dans plus de la moitié des comtés.
La CAN 2027, à quelques semaines du scrutin
Cette échéance électorale intervient quelques semaines seulement après la Coupe d’Afrique des nations 2027, coorganisée pour la première fois par trois pays, le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie, du 19 juin au 17 juillet 2027. Le Kenya doit notamment accueillir la finale du tournoi, dans le nouveau stade Talanta. Ce calendrier resserré, avec un grand événement sportif continental suivi de près par une présidentielle jugée à haut risque, pourrait accroître la pression sur les autorités kényanes en matière de sécurité, alors même que le pays doit démontrer sa capacité à organiser sereinement deux rendez-vous majeurs à quelques semaines d’intervalle.
