Israel: Gadi Eisenkot crédité de 59% de chances de devenir Premier ministre, contre 33% pour Netanyahou
Selon le marché de prédiction Kalshi, Gadi Eisenkot dispose de 59% de chances de devenir le prochain Premier ministre d’Israël, contre 33% pour Benjamin Netanyahou, à l’approche des élections législatives du 27 octobre.
Une avance nette dans les marchés de prédiction
Gadi Eisenkot dispose de 59% de chances de devenir le prochain Premier ministre d’Israël après les élections de cette année, contre 33% pour Benjamin Netanyahou, selon le marché de prédiction Kalshi. Cette tendance est confirmée par d’autres plateformes similaires, dont Polymarket, qui attribue une probabilité comparable au chef du parti Yashar. Plusieurs sondages récents, dont ceux des chaînes israéliennes Channel 12 et Channel 13, ont montré le parti d’Eisenkot devançant ou égalant le Likoud de Netanyahou pour la première fois depuis sa création.
Un père et une mère originaires du Maroc
Né le 19 mai 1960 à Tibériade, Gadi Eisenkot est le deuxième d’une fratrie de quatre enfants nés de Meir et Esther Eisenkot, immigrés juifs originaires du Maroc arrivés en Israël lors de la grande vague migratoire des années 1950. Son père était originaire de Marrakech, sa mère de Casablanca ; le nom de famille d’origine aurait été « Azankot », modifié lors de l’enregistrement administratif à leur arrivée. La famille s’installe à Eilat, ville portuaire du sud du pays, où le père d’Eisenkot travaille dans les mines de cuivre. Le jeune Gadi y étudie au lycée Goldwater, se spécialisant en études maritimes.
Une carrière militaire de quatre décennies
Engagé dans l’armée israélienne en 1978, Eisenkot gravit les échelons au sein de la brigade Golani, qu’il commande en 1997-1998, avant d’occuper le poste de secrétaire militaire du Premier ministre sous Ehud Barak. Il devient ensuite chef du commandement Nord, puis chef d’état-major adjoint, avant d’être nommé, en 2015, 21e chef d’état-major général de l’armée israélienne, poste qu’il occupe jusqu’en 2019. Il devient à cette occasion le premier chef d’état-major d’origine mizrahi (juif originaire du monde arabo-musulman) de l’histoire d’Israël. En 2016, il reçoit la distinction de Commandeur de la Légion du mérite des mains de son homologue américain, le général Joseph Dunford.
Une carrière politique marquée par le deuil
Après son retrait de l’armée, Eisenkot rejoint en 2022 le parti Hamahané Hamamlahti (Unité nationale) de Benny Gantz, avant de siéger comme ministre sans portefeuille et observateur au sein du cabinet de guerre entre 2023 et 2024. Son fils Gal et deux de ses neveux sont tués au combat à Gaza en décembre 2023. Il quitte le gouvernement en juin 2024, puis rompt définitivement avec Benny Gantz durant l’été 2025, démissionnant également de la Knesset, avant de fonder en septembre 2025 son propre parti, Yashar (« Droit » ou « Honnête » en hébreu), en réaction à l’absence de réformes démocratiques promises au sein de l’ancienne formation.
Un candidat porté par une image de rupture avec Netanyahou
Le parti Yashar a rapidement attiré plusieurs figures sécuritaires et économiques de premier plan, dont l’ancien chef du Shin Bet Yoram Cohen, lui conférant un caractère davantage technocratique et sécuritaire qu’idéologique. Eisenkot dirige aujourd’hui un large bloc d’opposition rassemblant des formations de droite, du centre, de gauche et des partis arabes israéliens. Marié et père de cinq enfants, il réside à Herzliya.
