Sebta : « La situation est absolument intenable », le président de Sebta dément le gouvernement
Le président de Sebta, Juan Jesús Vivas, a démenti samedi les chiffres du gouvernement espagnol, estimant qu’entre 8 000 et 11 000 personnes se trouvent encore dans la ville, contre 2 500 selon les autorités centrales.
Un écart de chiffres considérable avec Madrid
« Racontons la vérité sur ce qui se passe », a déclaré avec fermeté le président de Sebta, Juan Jesús Vivas, lors d’une comparution devant les médias visant à démentir le gouvernement. Selon les données dont dispose la ville, il resterait entre 8 000 et 11 000 immigrés sur les 72 000 ayant assailli la frontière il y a une semaine, un chiffre qui contraste fortement avec celui avancé par le gouvernement central, qui évoque environ 2 500 personnes non retournées.
Une situation jugée « absolument intenable »
« La situation est absolument intenable » et « totalement éloignée » de la normalité, a affirmé Vivas, décrivant des milliers de personnes « errant » dans les rues, sans besoins essentiels couverts, générant de l’« insécurité » et « perturbant » la vie ordinaire et la coexistence à Sebta. « On ne peut pas dire qu’il y a une normalité quand il n’y en a pas », a-t-il tranché, reprochant aux différents ministères compétents d’avoir ignoré ses avertissements préalables.
Une exigence de retour immédiat et de blindage de la frontière
« Il n’y aura pas de papiers ici », a assuré Vivas samedi, excluant toute possibilité de régularisation ou de transfert vers la péninsule. « La seule issue est que tous ceux qui sont entrés retournent au Maroc », a-t-il exigé, réclamant davantage d’effectifs des forces de sécurité de l’État, le déploiement de moyens « de toute nature » dans le domaine de l’immigration pour accélérer ce retour, ainsi que le maintien de l’armée dans les rues afin de transmettre un sentiment de sécurité. Il a également insisté sur la nécessité de « blindé la frontière » avec « toutes les garanties », affirmant : « Il ne peut pas être question que la frontière de l’Europe, que la frontière de l’Espagne, que la frontière de Sebta, soit entre les mains d’un pays tiers. Le contrôle de la frontière doit revenir à l’Espagne. »
Une mise en garde contre une répétition du scénario de 2021
Le président de Sebta, membre du Parti populaire (PP, opposition), a estimé que le gouvernement ne pouvait pas trébucher deux fois sur ce dossier, en référence à l’entrée massive de mai 2021. Il a par ailleurs tenu à saluer le travail de la police et de l’armée, ainsi que le soutien du Roi d’Espagne.
