Des affrontements ternissent un déplacement de M. Macron en Guyane

Des affrontements entre forces de l’ordre et manifestants ont terni, dans la nuit de jeudi à vendredi, une visite du président Emmanuel Macron dans le département français de Guyane, en Amérique du sud.

Cinq personnes ont été interpellées, a indiqué dans la nuit le procureur Eric Vaillant à l’AFP. Un gendarme mobile et un policier ont été légèrement blessés, selon un premier bilan.

Pendant plusieurs heures, les forces de l’ordre ont tiré des gaz lacrymogènes destinés au départ à disperser un rassemblement à l’appel d’un collectif local, Pou Lagwiyann dékolé (Pour que la Guyane décolle), devant la préfecture à Cayenne.

En réponse, des jeunes souvent cagoulés ont lancé des cocktails Molotov et des projectiles, a constaté une journaliste de l’AFP.

Le président français était arrivé jeudi dans un climat tendu, six mois après un mouvement social qui a paralysé ce territoire français.

Dès son arrivée, il s’est rendu à Maripasoula (sud-ouest, à la frontière fluviale du Surinam), la plus vaste commune de France, soumise à une très forte pression migratoire. Il a averti qu’il n’était pas venu en "Père Noël", ni pour "faire des promesses".

Les affrontements survenus en fin de journée à Cayenne ont contrasté avec le début de la visite présidentielle. L’après-midi, une marche à l’appel du collectif Pou Lagwiyann Dékolé avait ainsi rassemblé dans le calme plus d’un millier de personnes.

Les manifestants demandaient le respect des accords signés avec l’ancien gouvernement à l’issue du mouvement social de mars-avril.

Réclamant un rendez-vous avec le chef de l’Etat, les manifestants se sont ensuite rassemblés devant la préfecture. La présidence leur proposé un rendez-vous vendredi matin mais les manifestants ont refusé, réclamant de voir M. Macron dans la soirée. Les affrontements ont éclaté par la suite.

Il s’agit du premier voyage outre-mer du chef de l’Etat depuis son élection en mai, hormis son déplacement en urgence aux Antilles à la mi-septembre après l’ouragan Irma.

Selon l’Elysée, M. Macron est venu dire qu’il respecterait l’accord de Guyane du 21 avril, par lequel l’ancien gouvernement a acté un plan d’urgence de 1,08 milliard d’euros, signé des accords sectoriels et "pris acte" d’une demande de 2,1 mds d’euros de mesures supplémentaires.

A 7.000 km de Paris, le territoire de 83.000 km2 pour environ 254.000 habitants, cumule difficultés et retards: immigration clandestine massive, insécurité croissante, communes enclavées, services de santé défaillants, système scolaire inadapté, taux de chômage très élevé (23%).

Pour son déplacement, M. Macron est notamment accompagné du président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et de plusieurs ministres. Vendredi, il est attendu au centre spatial de Kourou, vitrine de l’économie guyanaise, symbole d’inégalités sociales alors que d’autres communes n’ont ni électricité ni eau courante. (afp)

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