Sebta réclame l’état d’urgence national face à un afflux massif de migrants
Les autorités de la ville occupée de Sebta ont demandé jeudi au gouvernement espagnol de décréter l’état d’urgence national et de déployer l’armée, face à une vague migratoire d’une ampleur inédite depuis 2021.
Une pression migratoire sans précédent depuis 2021
Le 30 juillet, la pression migratoire sur Sebta a changé d’échelle. Dès les premières heures de la matinée, des milliers de personnes ont convergé vers les plages du Tarajal et tenté de rejoindre à la nage l’enclave, selon des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrant des foules, majoritairement composées de Marocains, contournant les jetées avant de courir sur les plages et les routes de la ville. Cette scène rappelle la crise de mai 2021, durant laquelle plus de 8 000 personnes avaient pénétré dans le préside en l’espace de deux jours.
Une demande d’état d’urgence rejetée par Madrid
Tous les représentants des groupes municipaux siégeant au Parlement de Sebta ont tenu jeudi une réunion extraordinaire, à l’issue de laquelle ils ont demandé au gouvernement espagnol de fermer le poste-frontière de Tarajal, de renforcer les effectifs des forces de sécurité, de déployer l’armée et de déclarer l’état d’urgence national. Le gouvernement de Pedro Sánchez a toutefois écarté cette dernière option. « La déclaration d’état d’urgence national relève de la réglementation de l’État en matière de protection civile, qui ne considère pas les flux migratoires comme un risque dans le cadre du Système national de protection civile », a indiqué le ministère de l’Intérieur. Le ministre Fernando Grande-Marlaska doit néanmoins se rendre dans le préside occupé vendredi « pour suivre l’évolution de la situation ».
Un bilan humain lourd
Selon les autorités espagnoles, plus de 60 personnes sont mortes en mer depuis le début de l’année sur cette route migratoire. Le ministère espagnol de l’Intérieur a précisé que 2 826 migrants avaient rejoint Sebta entre le 1er janvier et le 15 juillet 2026, contre 1 133 sur la même période en 2025. Depuis le printemps, la voie maritime est progressivement devenue le principal itinéraire d’accès à l’enclave, les candidats au départ s’élançant principalement depuis Fnideq, au sud, ou Benzu, au nord, afin de contourner une frontière terrestre fortement militarisée.
La réaction des autorités marocaines
Rabat a réagi à cette crise migratoire en affirmant que les arrivées irrégulières sont le fait de réseaux criminels, tout en mettant en avant sa coopération jugée « exemplaire » avec l’Espagne en matière de lutte contre l’immigration clandestine. Les autorités marocaines ont par ailleurs empêché mardi 300 migrants subsahariens de franchir clandestinement la frontière.
