Le Venezuela annonce son retrait de la Cour pénale internationale

Le Venezuela a annoncé vendredi son retrait « définitif » de la Cour pénale internationale, sur instruction de la présidente par intérim Delcy Rodriguez.

Un retrait « ferme et irrévocable »

Le Venezuela a annoncé vendredi qu’il se retirait de la Cour pénale internationale (CPI), affirmant que cette instance, dont le siège est à La Haye, avait fait preuve d’un « parti pris géographique » à l’encontre des pays d’Amérique latine et d’Afrique. Le ministre des Affaires étrangères, Félix Plasencia, a indiqué sur X que son pays avait informé le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, de sa décision « ferme et irrévocable » de dénoncer le Statut de Rome et d’entamer son retrait définitif de la CPI, conformément à l’article 127. « Sur instructions de la présidente par intérim, Delcy Rodriguez, le Venezuela a communiqué au secrétaire général de l’ONU sa décision », précise le message.

Une « persécution » dénoncée par Caracas

Il a déclaré que la CPI avait concentré ses travaux de manière disproportionnée « au détriment des pays du Sud », tout en perpétuant ce qu’il a qualifié de persécution du peuple vénézuélien et en aggravant les inégalités. À ses yeux, les actions de la CPI démontrent qu’un système de justice international est utilisé pour « aggraver les inégalités entre les peuples et bafouer leur droit à l’autodétermination et à la souveraineté ».

Une enquête ouverte en 2021 sur la répression de 2017

Selon des médias, la CPI avait annoncé en 2021 qu’elle enquêterait sur d’éventuels crimes contre l’humanité commis par le gouvernement vénézuélien lors de la répression des manifestations antigouvernementales de 2017, sous l’ancien président Nicolas Maduro, capturé par les forces américaines le 3 janvier. L’Assemblée nationale du Venezuela avait voté en décembre 2025 en faveur du retrait des engagements pris au titre du Statut de Rome. La Cour, de son côté, a indiqué n’avoir pas encore reçu de notification formelle de ce retrait.

Un nouveau chancelier en fonction depuis le 13 juillet

Félix Plasencia, considéré comme une figure modérée au sein du chavisme, a été nommé le 13 juillet à la tête d’un ministère des Affaires étrangères et du Commerce extérieur nouvellement fusionné, par la présidente par intérim Delcy Rodriguez. Il occupait auparavant, depuis janvier, la fonction de chargé d’affaires du Venezuela aux États-Unis.

Une décision qui coïncide avec la destitution du procureur de la CPI

L’annonce du Venezuela coïncide avec la décision prise vendredi par les États membres de la CPI de destituer le procureur en chef, Karim Khan, visé par des accusations d’agression sexuelle qu’il conteste. Ses avocats ont indiqué qu’il comptait contester cette destitution. En 2024, ce même procureur avait obtenu des mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et l’ancien ministre de la Défense Yoav Gallant, pour des crimes de guerre présumés à Gaza, une décision qui avait valu à la Cour des sanctions américaines sous l’administration Trump.

Un rapprochement engagé avec le Pérou

Le même jour, Félix Plasencia a également annoncé l’engagement d’un processus de rétablissement des relations diplomatiques avec le Pérou, rompues depuis près de deux ans.

Un engagement réaffirmé en faveur d' »une justice équitable »

M. Plasencia a réaffirmé l’engagement du Venezuela en faveur de ce qu’il a qualifié de justice véritablement équitable, respectueuse de la souveraineté et de l’autodétermination des peuples.

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