Le Nicaragua rompt ses relations diplomatiques avec l’Italie
Le Nicaragua a annoncé la rupture de ses relations diplomatiques avec l’Italie après une nouvelle demande d’extradition d’un ex-membre des Brigades rouges condamné pour l’assassinat d’Aldo Moro.
Une rupture annoncée après les propos de Tajani
Le gouvernement du Nicaragua a annoncé son intention de rompre ses relations diplomatiques avec l’Italie, en réaction aux propos du ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, qui a réclamé la remise d’un ex-membre des Brigades rouges impliqué dans l’affaire Moro. La tension a éclaté après un sommet du Parti populaire européen (PPE) tenu à Madrid, où Antonio Tajani a qualifié le Nicaragua de « régime extrémiste », l’accusant de continuer à protéger Alessio Casimirri.
Qui est Alessio Casimirri ?
Né à Rome en 1951, Alessio Casimirri a rejoint les Brigades rouges en 1977 sous le nom de guerre « Camillo ». Il a participé à l’enlèvement d’Aldo Moro, président de la Démocratie chrétienne, le 16 mars 1978, en bloquant avec une Fiat 128 la voie de fuite des véhicules de son escorte, facilitant ainsi l’action du commando. Cinq agents de son escorte avaient été tués lors de l’embuscade. Condamné définitivement à plusieurs peines de perpétuité par la justice italienne, Casimirri a fui l’Italie en 1980, transitant par la Libye et Cuba avant de s’installer au Nicaragua, où il a obtenu la nationalité et dirige aujourd’hui des restaurants à Managua.
Tajani exige l’extradition
« Nous exhortons le Nicaragua à extrader Alessio Casimirri vers l’Italie. Il est l’assassin d’Aldo Moro, condamné à six peines de prison à perpétuité », a déclaré Antonio Tajani dans un communiqué. « Continuer à accorder l’immunité à un criminel est injuste et inacceptable », a-t-il ajouté, critiquant la décision du régime nicaraguayen de continuer à offrir l’asile, et même la citoyenneté, à l’ancien brigadiste.
L’Italie maintient sa position
Face à l’annonce de rupture des relations diplomatiques, Antonio Tajani a maintenu sa position. « L’Italie continuera d’exiger que Casimirri réponde devant la justice italienne des crimes dont il a été reconnu coupable, comme cela a déjà été demandé dans une résolution du Parlement européen », a-t-il affirmé. Le communiqué du ministère italien des Affaires étrangères a également souligné que l’Italie continue de fonder sa politique étrangère sur le respect du droit international, le dialogue et la protection des valeurs démocratiques.
L’enlèvement et l’assassinat d’Aldo Moro, un traumatisme national
En 1978, l’ancien président du Conseil italien Aldo Moro avait été enlevé par des membres du groupe terroriste d’extrême gauche des Brigades rouges. Retenu prisonnier pendant deux mois, il avait finalement été exécuté, dans l’un des épisodes les plus marquants de l’histoire politique italienne récente.
