Cyril Ramaphosa appelle à réhabiliter les combattants noirs sud-africains de la Première Guerre mondiale

En visite en France à l’occasion du 110e anniversaire de la bataille du Bois Delville, le président sud-africain Cyril Ramaphosa a appelé à une reconnaissance pleine et entière du rôle des combattants et travailleurs noirs sud-africains durant la Première Guerre mondiale.

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa, en visite en France, a plaidé dimanche pour une relecture plus inclusive de l’histoire de son pays, appelant à reconnaître pleinement le rôle des combattants et travailleurs noirs de la Première Guerre mondiale.

« La mémoire d’une nation ne peut être divisée selon la race »

« Nous sommes réunis pour affirmer que la mémoire d’une nation ne peut être divisée selon la race », a déclaré le chef de l’État dans un discours prononcé à l’occasion du 110e anniversaire de la bataille du Bois Delville, livrée en juillet 1916, au cours de laquelle des centaines de soldats de la 1re brigade d’infanterie sud-africaine ont été tués. L’Afrique du Sud faisait alors partie de l’Empire britannique.

« Pendant trop longtemps, l’Afrique du Sud n’a retenu qu’une partie de cette histoire. Aujourd’hui, nous nous en souvenons dans son intégralité », a-t-il souligné devant le mémorial national sud-africain de Longueval, dans le nord de la France.

Un hommage au South African Native Labour Contingent

Le président a rendu hommage non seulement aux soldats ayant combattu au Bois Delville, mais aussi aux membres noirs du South African Native Labour Contingent, une unité de travailleurs envoyés en Europe pour soutenir l’effort de guerre allié, dont 600 ont péri dans le naufrage du navire SS Mendi en 1917, après une collision maritime au large de l’Angleterre.

Il a dénoncé le sort réservé à ces milliers de Sud-Africains noirs, autorisés à servir mais privés de la pleine reconnaissance accordée aux combattants blancs de l’époque. « Leurs noms étaient absents des principaux mémoriaux. Leurs histoires n’étaient pas racontées avec le même respect », a-t-il rappelé. « Quand l’histoire a été écrite, leur contribution était trop souvent marginalisée. »

« Ce n’était pas une omission, c’était une injustice »

« Ce n’était pas simplement une omission. C’était une injustice », a-t-il ajouté, estimant que l’histoire officielle héritée de l’ère de la ségrégation raciale a minimisé leur contribution.

Un appel à transmettre cette mémoire aux jeunes générations

Le président sud-africain a insisté sur la nécessité de transmettre cette mémoire. « Le véritable test du souvenir réside dans ce que nous enseignons à nos enfants », a-t-il observé, précisant que cela passait notamment par « les histoires que nous incluons dans nos manuels scolaires ». Il a appelé à ce que l’histoire du SS Mendi soit largement enseignée. « Nous devons raconter toute l’histoire », a-t-il martelé, soulignant qu’une nation se renforce lorsqu’elle a « le courage d’affronter l’ensemble de son passé ». « Le véritable patriotisme n’exige pas de dissimuler l’injustice. Le véritable patriotisme exige de la corriger », a-t-il conclu.

Un mémorial devenu, depuis l’apartheid, un lieu de mémoire commune

Le mémorial du Bois Delville, longtemps associé principalement au sacrifice des soldats blancs sud-africains, est progressivement devenu, depuis la fin de l’apartheid, un lieu de commémoration de l’ensemble des Sud-Africains ayant servi pendant la Première Guerre mondiale. Cyril Ramaphosa a salué cette évolution comme « un important acte de justice historique ».

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