Nouvel appel aux dirigeants du G7 pour soutenir une solution à deux Etats pour mettre fin au conflit Israélo-palestinien

Des représentants de la société civile israélienne et palestinienne ont lancé à Paris un nouvel appel aux dirigeants du G7 et aux acteurs internationaux afin de préserver la perspective d’une solution à deux États et d’engager un processus politique global visant à mettre fin au conflit israélo-palestinien.

Baptisé l’Appel de Paris, le document rendu public vendredi soir à l’issue d’une conférence organisée à l’Institut du Monde arabe (IMA), plaide en faveur d’une mobilisation diplomatique renforcée, associant les gouvernements et les forces de la société civile, pour sortir de l’impasse actuelle.

Adressé notamment au ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean Noël Barrot et aux dirigeants qui vont se réunir dès lundi à Évian dans le cadre du G7, l’appel souligne que, malgré des avancées diplomatiques récentes — reconnaissance de l’État de Palestine par plusieurs pays, Déclaration de New York, résolution du Conseil de sécurité de l’ONU et cadre de paix pour Gaza — la situation demeure « extrêmement fragile».

Les signataires alertent sur « la destruction de Gaza, les menaces sécuritaires pesant sur Israël, l’expansion des colonies, les violences de colons et les mesures compromettant la viabilité d’un futur État palestinien », appelant en premier lieu à la consolidation d’un cessez-le-feu permanent à Gaza, accompagné de garanties pour la protection des civils, des personnels humanitaires, des journalistes et des infrastructures civiles.

L’appel de Paris plaide aussi pour que « la reconstruction de Gaza soit intégrée dans un cadre politique et sécuritaire plus large, incluant des garanties contre de nouvelles attaques et un processus crédible concernant le désarmement du Hamas ».

Il insiste également sur « la nécessité d’un processus unique de mise en œuvre de la solution à deux États, fondé sur les frontières de 1967, avec Jérusalem comme capitale des deux États, une sécurité garantie pour Israël et la création d’un État palestinien viable ».

Le texte appelle par ailleurs « à mettre fin à l’expansion des colonies et aux annexions de fait en Cisjordanie, jugées incompatibles avec la création d’un futur État palestinien» et demande « des mesures contre les acteurs impliqués dans les violences commises par des colons et contre les activités contribuant à l’annexion des territoires palestiniens ».

Concernant Gaza, l’« Appel de Paris » préconise une reconstruction pilotée par les Palestiniens, avec un financement pluriannuel transparent destiné aux services essentiels, notamment les hôpitaux, l’eau, l’électricité et les infrastructures, tout en associant la société civile et le secteur privé.

En clôture de la rencontre, le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a salué l’engagement des sociétés civiles israélienne et palestinienne en faveur de la paix, estimant que leur mobilisation portait « un message de résistance et d’espoir » face aux forces de la guerre. Il a affirmé que la paix restait possible à travers la reconnaissance mutuelle, le refus des discours de haine et la perspective de deux États vivant côte à côte en paix et en sécurité.

Le chef de la diplomatie française a rappelé que les avancées diplomatiques récentes avaient ouvert une voie politique, tout en soulignant la gravité persistante de la situation à Gaza, en Israël et en Cisjordanie, insistant sur la nécessité d’une paix fondée sur la dignité humaine, des compromis courageux et le rôle essentiel de la société civile, « bâtisseuse de paix », dans la construction d’un avenir commun « dans un même souffle, une seule voix, un seul message : deux peuples, deux États, un futur ».

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