“Un vrai salaire, pas une médaille”: les soignants de retour dans la rue

Trois mois après le début de la crise sanitaire, les soignants seront de retour dans la rue mardi pour réclamer plus de moyens pour l’hôpital, alors que les discussions menées dans le cadre du “Ségur de la santé” semblent piétiner.

“Fini les applaudissements, place aux rassemblements”. Voilà le mot d’ordre de cette “journée d’action nationale”, organisée à l’appel d’une coalition de syndicats (CGT, FO, SUD, Unsa…) et de collectifs hospitaliers (Inter-Hôpitaux et Inter-Urgences).

Objectif: mettre à profit le soutien engrangé auprès de la population pendant la crise sanitaire pour obtenir des avancées pour le personnel des hôpitaux et des Ehpad, en première ligne face à l’épidémie de coronavirus.

“Après 14 mois de mobilisation et une crise sanitaire, un retour à +l’anormal+ est inenvisageable. Pour les usagers, ce n’est plus le temps d’applaudir les soignants mais de soutenir nos revendications”, ont expliqué les organisateurs dans un communiqué.

De Caen à Bordeaux en passant par Dunkerque, Toulon, Nancy et Perpignan, plusieurs dizaines de rassemblements sont prévus tout au long de la journée, principalement devant des établissements de santé ou bien des préfectures.

A Paris, un rassemblement est prévu en début d’après-midi devant le ministère de la Santé, selon la CGT. Il pourrait être suivi d’un cortège en direction des Invalides, si la préfecture de police donne son accord à la manifestation.

“L’hôpital n’a pas +tenu+ pendant le Covid-19: les personnels ont tenu, pour certains au prix de leur santé, alors qu’ils appelaient au secours depuis longtemps”, a souligné dans un communiqué le Collectif Inter-Hôpitaux, fer de lance d’une mobilisation engagée voilà un an.

Les soignants, auquel le gouvernement a prévu de rendre hommage lors du 14 juillet, réclament notamment une “revalorisation générale des salaires”, un “plan de recrutement” et “l’arrêt de toutes les fermetures d’établissements, de services et de lits”.

 “faux semblant”

Cette journée de grève et de mobilisation, point d’orgue d’une série d’actions organisées à l’hôpital ces dernières semaines, intervient en plein milieu du “Ségur de la santé”, lancé le 25 mai par le gouvernement et piloté par Nicolas Notat.

Cette concertation, destinée à améliorer le quotidien des soignants et la prise en charge des malades, doit aboutir d’ici la mi-juillet à des propositions concrètes. Mais aucun chiffre n’a à ce stade été mis sur la table, notamment pour les hausses de salaires.

Une situation qui agace les syndicats. “Les organisations syndicales ne peuvent pas travailler dans l’improvisation constante et en l’absence de moyens alloués”, ont estimé vendredi une dizaine d’organisation médicales, dénonçant un “faux semblant”.

“Les réponses commencent à tarder alors que les problèmes sont connus depuis des mois et des mois”, a abondé le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez. “Les paroles, c’est bien, mais les actes, c’est mieux”, a-t-il ajouté.

Dans ce contexte, un syndicat, Sud Santé, a décidé de claquer la porte des discussions, dénonçant une “parodie” de concertation. Ce geste n’a pas fait d’émule pour l’instant, mais d’autres organisations ont fait planer la menace d’un départ.

“J’entends l’impatience”, a assuré mercredi le ministre de la Santé Olivier Véran au Sénat. Mais “rien ne serait à mon sens moins productif que claquer la porte aujourd’hui”, a-t-il poursuivi, en promettant une réponse rapide aux attentes des soignants.

Lors d’une visite mi-mai à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris, Emmanuel Macron s’est engagé à “mettre fin à la paupérisation” de l’hôpital, via une hausse des investissements et des “revalorisations” salariales pour les soignants.

Le gouvernement “doit dire combien il veut donner pour les rémunérations et les carrières des soignants”, a martelé lors d’un rassemblement récent le professeur André Grimaldi, figure de la lutte pour les hôpitaux publics. “C’est la condition pour rétablir la confiance”.

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