Taubira: enquête pour injure publique raciale ouverte contre l’hebdomadaire français «Minute»

Une enquête préliminaire pour injure publique à caractère racial a été ouverte mercredi sur la une de Minute, a annoncé le parquet de Paris. Cette enquête a été confiée à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP) de la police judiciaire parisienne. Cette une de l’hebdomadaire d’extrême droite a suscité l’indignation du monde politique, à droite comme à gauche.
Minute, dont la une compare Christiane Taubira à un singe, était disponible en kiosque mercredi matin, alors que le gouvernement avait annoncé la veille étudier les moyens d’en empêcher la diffusion, a constaté l’AFP. Un porte-parole de Presstalis, distributeur de la presse française, a expliqué que seule une décision de justice pouvait bloquer la diffusion d’un journal, et qu’à sa connaissance il n’existait aucune décision de ce type.

Sous une photo de la ministre, le magazine a titré «Maligne comme un singe, Taubira retrouve la banane», renchérissant sur les insultes racistes qui l’ont visée récemment.

Mardi soir, Matignon avait annoncé dans un communiqué que le Premier ministre avait saisi le procureur de la République de Paris en portant à sa connaissance «ces faits susceptibles de constituer l’infraction d’injure publique à caractère racial». Un peu plus tôt, le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, avait affirmé que le gouvernement étudiait «les moyens d’agir contre la diffusion» du journal, à paraître mercredi. «Nous ne pouvons pas laisser passer cela», avait-il déclaré en marge d’un colloque à l’Assemblée nationale sur les réponses à apporter face à la montée du Front national.

Christiane Taubira, présente au même colloque, n’avait pas souhaité réagir et la Chancellerie, interrogée par l’AFP, avait exclu un peu plus tôt d’engager des poursuites. L’hebdomadaire affirme dans son «ours» avoir tiré ce numéro à 40 000 exemplaires.

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