Sahara : réduction drastique des effectifs de direction de la Minurso
Le départ non remplacé de plusieurs hauts cadres de la Minurso marque un tournant budgétaire et politique, illustrant la marginalisation croissante de la mission onusienne au profit d’une médiation directe menée par les États-Unis.
La direction de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso) subit une réduction drastique de ses effectifs de direction. Le diplomate à la tête du bureau de liaison de Tindouf quittera ses fonctions d’ici la fin du mois de mars 2026, à la suite d’un contentieux administratif infructueux à New York. Ce départ s’ajoute à ceux, survenus fin 2025, du chef de cabinet de la mission et de la cheffe de l’appui à la mission, dont les mandats n’ont pas été renouvelés.
Ces postes stratégiques ne feront l’objet d’aucun remplacement, une décision justifiée officiellement par des contraintes budgétaires. Actuellement, seuls le chef de mission et son conseiller principal sont maintenus en poste à Laâyoune. Ce délitement structurel intervient alors que l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU se trouve de plus en plus écarté des discussions de fond, au profit de négociations directes entre le Maroc, l’Algérie et le Front Polisario sous l’égide de Washington.
Cette évolution semble préfigurer une mutation profonde de la présence onusienne sur le terrain. À l’échéance de son mandat actuel, en octobre prochain, la mission pourrait voir ses prérogatives évoluer vers un simple programme de supervision. Cette transition s’inscrirait dans le cadre d’un processus d’autonomie pour le territoire, marquant ainsi une rupture avec la mission initiale de la Minurso établie en 1991.
