Référendum sur la réforme de la justice en Italie : le « non » l’emporte avec 53,73% des voix
Les Italiens ont voté dimanche et lundi pour approuver ou rejeter une loi de révision de la Constitution déjà adoptée par le Parlement en vue d’instaurer la séparation des carrières entre juges et procureurs, de créer deux Conseils supérieurs de la magistrature et d’une nouvelle Haute Cour disciplinaire.
Malgré l’absence de majorité absolue, la participation a atteint 58,9 % des électeurs inscrits.
Ce scrutin décisif a porté sur un texte à sept articles, dont la principale mesure consistait à mettre fin à une singularité italienne: l’appartenance des juges et des procureurs à un corps unique doté d’une gouvernance autonome et organisé en courants politiques.
La réforme visait à séparer les carrières des juges et des procureurs de même qu’elle modifie le fonctionnement du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), l’organe en charge des affectations, mutations et promotions des juges.
Alors que la majorité défendait le « oui » comme une étape clé pour « compléter » le processus de réforme de la justice et la rendre plus méritocratique, une partie significative de la magistrature et des oppositions appelle à rejeter le texte, jugé « sans impact » sur l’efficacité réelle du système judiciaire en Italie.
Ainsi, le gouvernement italien jugeait cette réforme indispensable pour garantir l’impartialité du système judiciaire. L’opposition, par contre, y voyait « une tentative de mainmise » du pouvoir sur les magistrats, critiquant une réforme qui ne s’attaque pas aux problèmes de fond, comme les procès trop longs ou les prisons surpeuplées.
A l’issue de ce scrutin, la présidente du Conseil des ministres italien Giorgia Meloni a déclaré, dans une vidéo publiée sur X, que « les Italiens ont tranché. Et nous respectons cette décision » (…). Mais cela ne change rien à notre engagement de continuer, avec sérieux et détermination, à œuvrer pour le bien de la nation et à honorer le mandat qui nous a été confié ».
