SIEL : regards croisés entre Ibn Battuta et Confucius autour du voyage et de la transmission du savoir
Les convergences entre la pensée confucéenne et l’héritage du grand voyageur marocain Ibn Battuta ont été explorées, vendredi à Rabat, lors d’une rencontre organisée dans le cadre du 31e Salon international de l’édition et du livre (SIEL) en présence d’académiciens, de chercheurs et de diplomates.
Cet échange, placé sous le thème « Quand Ibn Battuta rencontre Confucius : Regards croisés sur le voyage et le savoir », a mis en lumière les passerelles culturelles, intellectuelles et humaines entre les traditions marocaine et chinoise, à travers les notions de voyage, d’apprentissage et de connaissance de l’Autre.
À travers cette rencontre, modérée par la directrice de l’Institut Confucius à Rabat Karima Yatribi, les intervenants ont mis en avant le rôle du voyage comme vecteur de dialogue entre les cultures et instrument de transmission du savoir, soulignant que les échanges intellectuels entre le Maroc et la Chine continuent d’ouvrir de nouvelles perspectives de compréhension mutuelle et de rapprochement entre les peuples.
Dans cet ordre d’idées, le président de l’Association de coopération Afrique-Chine pour le développement (ACCAD) Nasser Bouchiba a jugé que loin de chercher à établir une comparaison directe entre ces deux figures historiques, la rencontre entend montrer comment Confucius et Ibn Battuta se croisent dans leurs approches et pensées sur nombre de points, en dépit de leurs différents environnements et époques.
Le chercheur marocain spécialiste des études chinoises, également membre de l’Association mondiale confucéenne, a expliqué que cette réflexion commune permet d’illustrer l’évolution parallèle des processus d’apprentissage et de production du savoir dans différents contextes culturels et historiques, tout en convergeant vers des valeurs humaines partagées.
M. Bouchiba a relevé que la pensée confucéenne et la méthodologie d’Ibn Battuta reposent toutes les deux sur l’importance de l’apprentissage par l’expérience, le voyage et l’observation du monde.
Pour sa part, le président de l’Association d’amitié et d’échange maroco-chinoise Mohamed Khalil a indiqué que cette conférence met en dialogue deux figures majeures de l’histoire universelle : Confucius en tant que penseur ayant profondément influencé la civilisation chinoise et Ibn Battuta, dont les récits ont constitué un témoignage précieux sur les sociétés qu’il a traversées jusqu’à son arrivée en Chine.
Le célèbre voyageur marocain a consigné dans ses écrits ses observations sur les peuples, les cultures et les modes de vie rencontrés durant ses périples, dont celles touchant à la société chinoise, a relevé M. Khalil, premier médecin marocain diplômé en Chine.
Malgré la différence apparente entre un philosophe et un explorateur, une dimension spirituelle commune relie les deux personnages, a-t-il estimé. « Il faut absolument allier la logique de la découverte d’Ibn Battuta, et de l’éducation intérieure propre à Confucius, pour construire une connaissance équilibrée entre l’être humain et le monde », a-t-il dit.
Cette édition du SIEL (1er-10 mai) met à l’honneur Ibn Battuta à travers un cycle de conférences dédiées à son parcours, des rencontres autour de la littérature de voyage, la projection de 25 films documentaires retraçant les grandes expéditions à travers l’histoire ainsi qu’un espace bibliothécaire consacré à ce genre littéraire.
